Résumé
Collection Théâtre contemporain en traduction traduit du catalan par Clarice Plasteig Dit Cassou
Barcelone, années cinquante. Un jeune couple modeste ne parvient pas à avoir d’enfant. Alors qu’il travaille dans une menuiserie, elle passe ses journées à la maison.
Dans le quotidien répétitif des tâches ménagères, elle n’est pas seule : il y a son frère, muet depuis l’enfance, un vendeur à domicile de machines à laver et le sous-locataire dont on ne sait à quoi il passe les nuits.
La femme rêve d’une vie différente et ces figures qui l’entourent (frère, vendeur, sous-locataire) lui permettent de s’évader. Au prix de quels renoncements, peut-elle être porteuse d’espoir – avec l’enfant sans doute à venir.
Mais un jour le mari se coupe deux doigts à la menuiserie et est forcé de rester à la maison. Les tensions, les incompréhensions surgissent. Des silences s’installent chargés de ce qui ne se dit pas, de ce qui se pense, ou s’espère – tout comme les girafes qui n’utilisent pas leurs cordes vocales mais communiquent par infrasons.
Extraits de presse
« Girafes est donc le dernier volet de la trilogie de Pau Miró, pièce écrite en 2009, à la suite de Buffles et Lions.
Elle constitue en vérité, une fin paradoxale puisqu’elle marque un retour, un point originel : son action se déroule dans les années cinquante alors que l’œuvre précédente se situait à « l’époque actuelle » et que la première s’inscrivait dans une chronologie indéfinie. Il s’agit peut-être même d’une matrice, celle qui augure de la naissance de Max, l’enfant disparu des deux précédentes pièces. (…)
Le lieu de l’action, quant à lui constitue un effet de zoom avant, d’élargissement : Barcelone avec ses rues, ses avenues et principalement le quartier du Raval définissent un autre espace dramatique, plus vaste que le huis clos dans la blanchisserie de Buffles}. La circulation des personnages se fait entre la terrasse sous le ciel, et l’appartement modeste du couple jusqu’à un cabaret clandestin des zones interlopes. La peinture « naturaliste » dans Girafes} renvoie à un monde traditionnel, celui de l’Espagne franquiste (…)
L’auteur ne croit pas à la logique du monde mais à ses zones obscures, à ces choses que nous ne parvenons pas à comprendre, à l’obscurité dans laquelle est plongé le plateau à la fin de la pièce ou mieux encore à l’entrée poétique au tout début du texte, « des girafes qui se déplacent avec grâce sur la scène. »
[Marie Du Crest, La clé des langues EDUSCOL, 11 février 2015]
Vie du texte
- Lecture lors du Festival Regards croisés à Grenoble, organisé par Troisième Bureau, le 18 mai 2013. Lecture au Printemps des comédiens, dirigée par Dag Jeanneret, le 5 juin 2013. Lecture de la trilogie animale aux Lundis en coulisse du Théâtre narration à Lyon, le 9 décembre 2013.
