Textes d’aujourd’hui pour le théâtre. Ces publications sont régulièrement soutenues par la Région Languedoc-Roussillon, et depuis 2003 par la SACD.

Neverland

ISBN : 978-2-84705-148-3
EAN : 9782847051483

13x21cm, 56 p., 13 €

dramaturgie chorale, 6 personnages, choeur
Publié avec le soutien du Centre national du livre

2017

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Neverland s’apparente à une rêverie, une traversée fantasmatique autour de la figure mythique de Michael Jackson.

La pièce, construite comme un kaléidoscope, est centrée sur la relation entre deux jeunes adolescents, Jimmy et Mikaël, relation ambiguë qui flirte entre la réalité des faits et leur basculement dans l’imaginaire. Autour d’eux, évoluent de nombreux « sosies », doubles –enfants ou adultes – fascinés par le chanteur icône tandis qu’une voix vient régulièrement analyser, dans un langage scientifique drôlatique, qui fut Michael.

L’ombre paternelle et l’enfance meurtrie hantent également ce texte.

David Léon aborde ici la question de l’abus sur les enfants (déjà présente dans Un Batman dans ta tête ou Sauver la peau) et celle du corps comme lieu de la souffrance, de la tendresse et de l’amour, de l’exhibition et de l’offrande, de la quête de soi. Racisme, troubles de l’identité, sexualité traversent aussi la pièce qui peut être entendue comme un requiem profane et funk.

Extraits de presse

Le personnage de la psychosociologue dans la dernière pièce de David Léon, Neverland, dit de Mikaël (avatar de Michael Jackson) qu’il est une « figure mythique absolument ». Celui qui fut appelé « The king of the pop » est sans conteste une figure de légende, une star de Walk Fame, un incroyable artiste interplanétaire, un homme-enfant, un fils maltraité, un noir devenu blanc, un homme mis en accusation pour pédophilie, un défunt par overdose médicamenteuse. Le maître du ranch de Neverland, royaume de l’éternelle enfance, celle des zoos et des parcs d’attraction, pays de Peter Pan. (…)

David Léon lui, l’écrit, le fragmente, dans le souffle d’une langue presque continue, à travers les voix de ceux qui l’approchent mais ne parviennent jamais à le saisir tout entier : le père noir, Joshua ; ses divers sosies enfants et adultes ; Jimmy, ami ou amant, et celle qui prétend expliquer scientifiquement qui il est. Mikaël quant à lui prend la parole mais dans la douleur, sa douleur.

Le texte est semblable à un tissu patchwork où sont cousus ensemble Faulkner, Cornac McCarthy et la Bible et l’auteur. Le texte est une suite de petits morceaux de paroles séparés par trois points ou une barre (celle qui encadre le discours psychiatrique). Il y a quelque chose de l’ordre du baroque foisonnant dans l’écriture de David Léon, de l’impossible lecture rectiligne de la trajectoire du héros. (…)

Ce qui irrigue la pièce de David Léon, c’est le lien du père au fils et du fils au père, selon les lois du sang et celles de l’imaginaire fantasmé. Deux pères naturels manipulateurs et intéressés par l’argent : Joshua et le père de Jimmy qui empoche des millions de dollars en échange de la fin de ses poursuites judiciaires contre Mikaël. (…)

Toute la pièce se tisse entre ce que nous savons de la vie du chanteur et de ce qu’en dit le poème dramatique, ses étoiles fulgurantes. Et la mort enfin de Mikaël malgré les massages cardiaques et Jimmy abandonné. Mais Mikaël/Michael ne saurait être anéanti, figure christique de l’Amour, dieu égyptien embaumé et gospel réitéré : Let my people go. »

[Marie Du Crest, La Cause littéraire, mai 2017]


« Neverland échancre une histoire, au fil d’une narration rhapsodique, qui n’a de cesse de coudre et de découdre le temps et de tisser une sorte de bio-fiction légendaire autour de Mickaël Jackson. (…)

La force de l’écriture de David Léon, c’est que la violence, quelle qu’elle soit, est toujours évoquée avec douceur, et l’on sent toujours de la fureur, s’écouler paisiblement dans les veines des paroles.

L’autre force de cette œuvre, comme dans ses autres livres, c’est que l’auteur utilise un dispositif de voix parfois monologiques et quelquefois même une voix monodique, comme dans Un jour, nous serons humains, grand poème dramatique à la torpeur infinie.

Neverland est une œuvre qui disparaît quand on la lit tant l’écriture nous propose davantage une introspection individuelle que la traversée d’un simple récit.

Le lyrisme démesuré et expirant de l’œuvre nous offre un regard, qui sous des atours compatissants dans la relation d’amour entre Jimmy, personnage de jeune adolescent et Mickaël, évoque en réalité avec cruauté ces abus criminels. C’est par une obédience poétique que David Léon questionne la pédophilie en montrant sans équivoque les mécanismes de manipulations psychologiques qu’elle induit entre la victime et son agresseur. (…)

[Raphaël Baptiste, La gazette des fetsivals, 5 juillet 2017]


« une errance, étrange et embrumée, un voyage fantasmagorique aux confins de la violence, avec en point d’orgue la figure mythique de Michael Jackson et tout ce qu’elle comporte de mystère.

Un récit exigeant à la dramaturgie éclatée, un texte lourd d’horreurs cachées oscillant entre rêve et réalité comme pour mieux aborder des thématiques insupportables. (…)

Il y a toujours chez David Leon un travail soigné autour du langage, « Neverland » ne déroge pas à cette règle opposant dans la construction du récit plusieurs formes d’oralité. « 

[Audrey Jean, Théâtres.com, 23 août 2017]

Vie du texte

Pièce lauréate de l’aide à la création du Centre National du Théâtre


Sélectionné par Entr’Actes, octobre 2016.


Mise en voix à Théâtre Ouvert, par Blandine Savetier, avec les comédiens de Ier Acte, en mai 2016.

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