Textes d’aujourd’hui pour le théâtre. Ces publications sont régulièrement soutenues par la Région Languedoc-Roussillon, et depuis 2003 par la SACD.

Votre regard

ISBN : 978-2-84705-122-3
EAN : 9782847051223

13x21cm, 48 p., 10 €
monologue pour un homme

2016

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Un homme est au chevet d’une femme qu’il ne connaît pas. Il la veille. Il l’a raccompagnée chez elle alors qu’elle criait, hurlait en pleine rue, sans autre attention. Maintenant, elle est étendue sur le canapé de son appartement, un couteau enserré dans sa main, silencieuse, endormie peut-être – comme l’enfant sans doute dans la pièce à côté.

L’homme parle. Il raconte ce qu’il imagine de la vie de cette femme, de sa douleur. Il évoque sa propre vie d’émigré sans papier, l’exil, l’absence de travail et de toit et son besoin de lire. Il prononce des mots apaisants pour elle, et c’est sa propre peur d’homme traqué au bord de la folie – comme elle tout à l’heure – que l’on entend.

Votre regard est l’histoire d’une rencontre, d’un sauvetage, de deux êtres qui laissent advenir une part oubliée de leur humanité.

Extrait de presse

« J’emprunte à l’auteur de l’épigraphe inaugurale du texte de Cédric Bonfils, l’idée que « nous sommes tous des isolés » mais cet isolement peut être brisé. Elle me sert de titre car c’est sans doute de cela dont il est question dans ce court monologue ou plutôt dans cette adresse à l’autre, qui cherche la réponse toujours de celle qui jamais ne fera entendre sa voix.

Le locuteur est un homme, qui peu à peu se dévoilera, comme la nuit va vers l’aube et une femme sans nom qui dort sur un canapé dans son appartement, un inquiétant couteau dans la main. Son enfant dort dans la pièce d’à côté. Il veille sur elle ; il la protège de la violence du monde, de celle d’un homme, de celle de ses cris de ses hurlements. Au début du texte, il lui répète : Ça va aller (p.9 puis 15)

Il est aussi comme « une veilleuse », une lumière jetée sur leurs deux vies. Il ne cesse de l’interroger avec sollicitude sur son état (les phrases interrogatives sont très nombreuses). Quant à lui, il va par bribes découvrir ce qu’est son existence. Sa parole se constitue de blocs suivis d’espaces, d’élans à nouveau pris vers cet échange nocturne dont la matière est silence et parole. (…)

L’homme qui dit et la femme qui se tait sont seuls au monde, à l’extérieur du monde (…) Le regard sera le Lien (…) »

[Marie Du Crest, La Cause littéraire, février 2016]

Vie du texte

Texte « coup de cœur » du Théâtre de la Tête noire, Saran, 2015.


Lecture lors des Lundis en coulisse de la compagnie Les encombrants, Dijon, le 7 mars 2016.

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