Textes d’aujourd’hui pour le théâtre. Ces publications sont régulièrement soutenues par la Région Languedoc-Roussillon, et depuis 2003 par la SACD.

Suzy Storck

ISBN : 978-2-84705-108-7
EAN :
9782847051087

13x21cm, 80 p., 12,80 €
1 homme, 3 femmes, choeur, (deux enfants)

ouvrage publié avec le soutien du Centre national du livre

2013

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Suzy Storck mène une vie ordinaire dans une petite maison avec mari et enfants. Elle ne travaille plus pour s’occuper du dernier, suspend le linge, veille au bon fonctionnement des journées.

Mais un soir d’été, quelque chose dérape. Suzy, sous le poids de la chaleur, sous le poids des gestes répétés, sombre. Un moment d’inattention qui la conduit à visiter son passé, à prendre conscience de ses renoncements, à formuler son incapacité à vivre selon ses vrais désirs. Et elle cède à ce que cela implique.

Par une chronologie bouleversée, Suzy Storck reconstitue le drame d’une femme niée en tant que personne dont la seule issue s’avère tragiquement inhumaine.

Extraits de presse

« (…) Cette visite [de la mère], tout comme l’ensemble de la pièce, nous est racontée par le Chœur, personnage principal, essentiel de l’histoire.

C’est lui qui décide de nous emmener à travers ce vies ordinaires, lui qui nous rappelle qu’un jour Suzy constate « son incapacité à ne pas avoir réussi à affirmer de façon suffisamment vindicative / qu’elle désirait refuser certaines obligations personnelles e physiques / aussi bien qu’économiques / qu’elle refusait de remplir son devoir conjugale / en ne faisant pas d’enfants ».

(…) Car c’est une tragédie que nous propose Magali Mougel. Le chœur est le témoin précis d’un destin qui se noue, et les Dieux ont été remplacés par les règles et les normes d’une société qui impose à ses membres des schémas archaïques, dépassés, et par trop hiérarchisés.

Le chœur nous donne les lieux, les dates, les heures, il est le scribe précis, le greffier des événements qui s’agencent. Tout cela se passe le 17 juin, entre 20h54 et 22h54. Deux heures précisément. »

[Patrick Gay-Bellile, Le Matricule des Anges, n°147, octobre 2013]


«  Guerillères ordinaires, poèmes dramatiques et Suzy Storck [sont] deux œuvres [qui] se font écho et particulièrement le premier poème « Lilith, à l’estuaire du Han » et Suzy Storck.

La seconde pièce constitue en effet une amplification, un aboutissement dramatique de la première inspirée d’un fait divers : Magali Mougel passe d’un monologue court à un texte inscrit dans l’héritage du tragique antique : elle convoque un chœur. Elle construit sa pièce à partir d’un prologue auquel répond un épilogue et le dialogue fait se déployer les voix des personnages qui gravitent autour de la figure de Suzy, Médée sans mythologie, Médée du peuple.

(…) Elle est une voix de femme perdue, ne répète-t-elle pas p.14 : « j’essaie » ou « je ne sais plus ». Elle est en guerre contre sa propre vie (…)

Le temps recule, avance, recule à nouveau, avance enfin et déborde, autour de l’unité du jour, le 17 juin, et de l’unité de lieu affirmée par le chœur comme un autre piège, comme l’enfermement de la jeune femme : « ici » en début de prologue ou des séquences 1 et 3, entendez la maison familiale, quelque part dans l’est de la France. Suzy est en guerre contre la vie qui s’est faite contre elle : « elle a pris les choses comme elles sont venues », p.30. Elle encaisse la violence faite à son corps, de la gifle de sa mère aux assauts sexuels de son mari qu’elle subit un peu à la manière de Lilith face à Georg.

(…) Ainsi Suzy Storck est-elle une pièce de la féminité blessée dans sa chair, humiliée socialement. Nous entendons la voix de Suzy qui ne désire rien de cette vie hétérosexuelle de mère, d’épouse, de femme au foyer. Il y a quelque chose de puissant dans cette provocation tragique à l’ordre social, à l’impérative maternité, provocation et cri que l’on entend aussi, mais d’une autre façon, dans le théâtre d’Angelica Liddell. »

[Marie du Crest, La Cause littéraire, 5 novembre 2013]

Vie du texte

Pièce sélectionnée dans la Moisson des auteurs, Entr’Actes, novembre 2013.

Lecture dirigée par Cécile Backès, Festival Regards croisés, organisé par Troisième bureau, Grenoble, le 18 mai 2014.


Pièce finaliste du Grand Prix de littérature dramatique 2014.


Lecture lors des Lundis en coulisse de la compagnie Les encombrants, Dijon, le 7 mars 2016.


Réécriture par l’auteure et mise en scène de Jean-Pierre Baro avec des élèves de l’ERAC (Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes), Théâtre National de La Colline, Paris, du 15 au 18 juin 2016.

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