Le monde de la belle Simonetta

ISBN : 2-907293-58-3, 13x21 cm, 214 p. 18,29 €

1999

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Présenté et traduit de l’espagnol (Colombie) par Georges Lomné.

Nous entraînant dans l’univers d’ombre et de lumière de la Renaissance italienne, Germán Arciniegas fait revivre Simonetta Vespucci, parente d’Amerigo et muse de nombre de ses contemporains. On peut ainsi la contempler, émergeant de la nacre, dans la célèbre « Naissance de Vénus » de Botticelli ou sur les fresques de la chapelle Sixtine.

Extraits de presse

« Un titre vaguement obscur ? Non pour qui voit la couverture du livre. Elle comporte un détail du tableau de Botticelli la Naissance de Vénus. Dès lors, il devient évident que la belle Simonetta fut l’inspiratrice du peintre, au sein de ce monde du Quattrocento à Florence, dans une république où l’avidité et la cruauté tissaient une effroyable toile de fond. Germán Arciniegas, né en 1900, a publié en 1955 la biographie d’un illustre Florentin, Amerigo Vespucci. L’ouvrage fait toujours autorité. Il a consacré ensuite de patientes et méticuleuses recherches, lors de son ambassade à Rome en particulier, pour retrouver Simonetta, originaire de Gênes. Mariée à dix-sept ans à Marco Vespucci, un cousin d’Amerigo, elle était entrée, auréolée de sa beauté, dans un cercle magique à Florence. Ghirlandajo fit son portrait pour un groupe destiné à l’autel d’une église. Politien écrivit d’émouvants poèmes qui parlent d’elle. Botticelli, avant de la voir en Vénus, fit d’elle l’incarnation du printemps.

Il est impressionnant de suivre pas à pas la fragile jeune femme, « reine de la beauté », qui mourut à vingt-trois ans. Auprès des siens, à ses obsèques, se pressaient, outre Ghirlandajo et Botticelli, d’autres artistes, Lippi, Léonard de Vinci. Cet ouvrage est enfin disponible en français. Il permet de mieux connaître les événements d’une période foisonnante de fêtes et d’assassinats, de poésie et de drames, de réjouissances frénétiques et de vengeances redoutables, au cours de laquelle la vie était d’autant plus intense qu’elle était si brève, tandis que perdurait le visage éphémère d’une jeune femme énigmatique. »

[Bulletin critique du livre français, n° 609, juin 1999]


« L’auteur est plus que passionné par cette presque inconnue. Il nous livre une magnifique démonstration de la genèse des œuvres qui la concernent. On peut isoler les pages sur la signification du Printemps : c’est admirable. Autant sur les stances de Politien, les poèmes de Laurent de Médicis le Magnifique (et la traduction française est joliment tournée). Il voit en elle la Gloire du Quattrocento, une civilisation raffinée, ardente, prospère, orgueilleuse, démonstrative, apte à s’approprier le savoir de l’Antiquité, à opérer la symbiose du sacré et du profane, de l’intellectuel et du labeur pratique. Pour le lecteur qui n’a, face à lui, que du papier et des caractères d’imprimerie, il entend recréer la splendeur de la Toscane, le charme des couleurs, des formes, la légèreté de l’air, l’universalité de la Beauté, dans un style tout en rondeurs qui rappelle parfois les lettres de Mme de Sévigné.

S’agit-il d’un historien ? Oui, car G. Arciniegas s’appuie sur des sources, les peintures, les poèmes, les archives, notamment les lettres de cette famille Vespucci, à laquelle il a consacré sa carrière. D’un esprit critique ? Certes oui, et très cultivé. Ainsi, s’explique-t-il la retenue un peu triste de Simonetta par son désir de se prémunir de ce monde impétueux, violent, calculateur et cruel dans lequel elle évolue. L’auteur ne nous cache pas les retournements de destin de la famille génoise de Simonetta Cattaneo, son exil à Piombino ; son mariage avec Marco, le fils atone de Piero Vespucci, l’ombre portée des Médicis, avec tous les problèmes que cela implique. Face aux intrigues, Simonetta incarne la Vérité. Quelle difficulté !

Aussi, de son vivant, et après sa mort, devient-elle un mythe, grâce à sa beauté, et surtout grâce à cette image idéale qu’elle a représentée pour des esprits rationnels qui avaient aussi soif de sentiments. Elle a vécu des fêtes, mais aussi des incertitudes, trop peu pour en être blessée.

[J. Labarthie, Historiens et géographes, n° 369 février 2001]

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