Textes d’aujourd’hui pour le théâtre. Ces publications sont régulièrement soutenues par la Région Languedoc-Roussillon, et depuis 2003 par la SACD.

Mangrove

ISBN : 978-2-84705-191-9
EAN : 9782847051919

13x21cm, 72 p., 13,80 €
5 femmes, 5 hommes, figuration. A partir de 5-6 comédien.ne.s

2019

Guyane, à notre époque. Des fragments de trajectoires de différents personnages qui peuplent ce territoire : ancienne colonie française, ou néo-colonie.

Une jeune serveuse guyanaise et les métropolitains échoués qu’elle rencontre. Un ancien légionnaire clochardisé. Un ingénieur qui a travaillé au centre spatial et qui maintenant refuse de se lever de son hamac. De jeunes légionnaires en fonction. Des femmes ingénieures qui déraillent. Une morte qui se relève pour livrer le secret de son nom avant de se recoucher à jamais. Entre autres.

Tous ont en commun ce territoire : la Guyane, où les rêves d’Ailleurs se croisent, s’entremêlent parfois ou viennent s’enliser dans les mangroves. Un ailleurs qu’on trouverait en Guyane pour les uns, un ailleurs qu’il faut chercher hors de ses frontières pour les autres, voire en quittant la Terre, s’il n’y a plus d’ailleurs ici.

Distinctions

Le pièce est lauréate du Prix Hypolipo 2019 de le ME.E.T, Maison des Écritures et des Écritures transmédias, d’Orcet (63).


La pièce est coup de cœur du comité de lecture du Théâtre de la Tête noire, à Saran en 2019.


Sélectionnée par le Comité de lecture des E.A.T en 2019.


Sélectionnée par le Comité de lecture de Troisième bureau à Grenoble en 2018.


La pièce a reçu l’aide à la création d’Artcena en 2018, au tire de l’encouragement.

Extrait de presse

« à travers ses personnages, nous entendons les voix multiples qui font cette terre : les légionnaires Monsieur Gustel qui n’est pas rentré en France, Rémi et Aimé ; les « métros » Alban ancien ingénieur déchu au centre spatial, Eveline, la photographe amateur, Karine, elle aussi ingénieure ; les Guyanais, la jeune serveuse de bar, Cécé, Aimé qui espérait tant ne pas revenir au pays, Malaï, ingénieure au sang mêlé, Thomas, amoureux de Cécé, celle que les gens surnomment la Chinoise en raison de son parcours, des personnages sans nom ; une Brésilienne.

En vérité, la Guyane apparaît comme une terre de destins brisés, de sangs mêlés : des monologues racontent la trajectoire d’êtres perdus, vaincus (…)

La pièce est d’ailleurs construite sur le modèle du texte choral et entrelacé, selon une série de scènes en dialogues qui isolent ou rapprochent les uns et les autres. La Guyane se donne comme un lieu entre la terre et l ’océan, la plage sert de décor à divers dialogues : la plage déserte près de la maison perdue d’Alban ou encore la plage privée où se situe le bar où travaille la jeune Cécé.

Mais ce qui représente l’essence guyannaise, c’est bien la mangrove du titre, cet espace végétal et liquide nommé pour la première fois dans le texte, comme un élément de décor, dans une didascalie (p 13) . Un peu plus loin, Cécé en parle comme de l’humus fondateur de la Guyane, la matière même des morts sans sépulture de tous ceux qui se succédèrent sur cette terre : les Amérindiens, les premiers Blancs, les esclaves africains, les bagnards, et de nouveaux esclaves comme les légionnaires. La mangrove dévore. (…)

La pièce de Lucie Vérot n’est donc pas seulement une façon de donner à entendre un territoire méprisé, ignoré mais elle propose une écriture assez rare dans la production contemporaine du théâtre français qui se complait souvent dans le seul monologue plus ou moins identifiable, la polyphonie brumeuse. Ici rien de cela, une vraie richesse de personnages et une langue claire, simple et belle, capable de raconter, de décrire, d’émouvoir, et de faire image. »

[Marie Du Crest, La Cause littéraire, 5 février 2020]


« Mangrove est une pièce singulière qui tourne autour de l’odeur de la pourriture. La pourriture de morts. Et des rêves qui moisissent. Les rêves d’ailleurs. (…)

Une dizaine de personnages parcourent ces pages. Des ingénieur.e.s du centre spatial, des légionnaires chargés de sécuriser les alentours, des métropolitains, des voyageurs, des locaux dont une jeune serveuse de 18 ans, Cécé. Du haut de sa jeunesse, Cécé est l’une des rares à avoir conservé un vrai désir de vie. Elle rêve encore de l’espace et s’émerveille de savoir qu’un océan aurait été trouvé sur Pluton. (…)

Mangrove est une sorte de marmite où se côtoient des peuples différents, tiraillés entre une magie primitive et un matérialisme galopant, avec en toile de fond un lourd passé d’esclavage et de colonialisme. (…)

Texte dense, comme une métaphore de la vie sur terre, avec nos rêves d’espace les pieds cloués au sol. »

[Laurence Cazaux, Le Matricule des Anges, n°210, février 2020]

Vie du texte

Lecture dirigée par Véronique Bellegarde, lors de Text’avril, proposé par le Théâtre de la Tête noire, à Saran (45), le 4 avril 2019.


Dans le cadre des Mardis midis des E.A.T, lecture dirigée par Elie Salleron, au Théâtre 13/Seine, le 15 octobre 2019.

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