Textes d’aujourd’hui pour le théâtre. Ces publications sont régulièrement soutenues par la Région Languedoc-Roussillon, et depuis 2003 par la SACD.

Kaboul

ISBN : 2-907293-95-8, 13x21 cm, 48 p., 8 €
1 ou 2 personnages

2003

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Avec des photos d’Atiq Rahimi.

Cet ouvrage comprend trois textes qui ont en commun de faire « entendre » la guerre : Voix de l’homme guerrier, le soldat, celui que l’on veut tueur, errant dans la ville fantôme comme en lui-même (Soldat Cheval d’Emmanuel Darley), voix de celle qui choisit d’accompagner un mort dans la dignité (Dans les Draps blancs d’autrefois de Laurent Gaudé) et voix sans illusion de la vieille femme qui accomplit sa tâche de transmission et d’honneur (Une besace de Michaël Glück).

Tentatives de dire l’indicible, le quotidien de la guerre, tentatives de rendre littéraire ce qui chaque jour, dans l’actualité, nous bouscule.

Extraits de presse

« Kaboul. C’est sous ce titre évocateur que sont réunis trois textes, trois monologues qui ne sont pas à proprement parler du théâtre, mais qui oscillent entre l’écrit et le dit, et qui, parce qu’ils donnent à entendre une parole vivante, ne peuvent être réduits à de simples récits.

Le point de départ : une photographie, image d’une charrette portant hommes, femmes et bagages, alors qu’au loin se détache la silhouette d’un palais dévasté.

C’est de cette image et du mot « guerre », plus que de la réalité du conflit afghan, que sont nés ces trois textes.

Là sont l’originalité et la cohérence du recueil : la charrette, la ville dévastée sont présentes dans chacun des textes, sous une forme différente, car chacun des trois auteurs livre un regard personnel sur cette image et la fait parler avec sa propre imagination.

Avec Emmanuel Darley, c’est le « Soldat Cheval » qui surgit et nous raconte sa découverte d’une ville après la bataille... la désolation et la mort (...).

Laurent Gaudé, avec la musicalité qui lui est propre, donne à entendre le monologue d’une femme, seule dans un hôtel vide avec le corps de son mari qu’elle ne peut pas abandonner sans lui avoir rendu les derniers hommages, sans avoir protégé son corps « dans les draps blancs d’autrefois ».

Flux et reflux d’une voix, qui oscille entre panique et nostalgie et qui, son devoir accompli, s’éteint dans une douce et lucide sérénité.

La voix que fait entendre Michaël Glück dans « Une besace » est toute différente : celle d’une vieille femme révoltée contre le pouvoir d’un homme, de l’homme qui bat sa fille, et qui tue. Regards particuliers sur la guerre, regards minuscules qui en disent plus long que tous les journaux sur la guerre et les misères qu’elle apporte partout, en Afghanistan comme ailleurs.

Là, la guerre est un monstre sanguinaire dont la marche inéluctable ne peut être arrêtée : face à elle, la vie compte moins que le respect de la dignité et du lien qui unit les hommes. Ailleurs, la guerre et les violences qu’un homme peut faire subir à une femme sont une seule et même chose, la disparition des mots au profit des armes. Pour répondre à ces trois voix d’outre-tombe, des photographies d’Atiq Rahimi prises à Kaboul après la guerre ont été reproduites à la fin du recueil : un autre écho, encore différent, de cette indicible, la guerre, qui est passée par Kaboul. »

[Bulletin critique du livre français, avril 2004]


« Indéniablement, il est sensible aux conflits récents : dans un recueil intitulé Kaboul, Laurent Gaudé a écrit un très beau texte « Dans les Draps blancs d’autrefois », monologue d’une employée à la buanderie d’un grand hôtel adressé à l’homme aimé mort à cause d’« Elle », la guerre en marche, très représentatif de ses thèmes récurrents. »

[La Quinzaine Littéraire, 1-15 avril 2004]


« Comme toujours, la plume de L. Gaudé fait merveille. On en oublie presque le contexte où se trouve la narratrice. C’est plein d’attention, de délicatesse. Les derniers restes d’humanité décidés à résister face à la mort, l’inéluctable.

M Glück nous livre l’indicible, l’horreur dans le long flot sans fin, sans peur de la vieille femme. Elle n’a plus rien à perdre puisque tout son monde tient dans sa Besace. Toute la révolte de la vieille femme est rendu en phrases saccadées, répétitives, montant en pression, en rythme syncopé, jusqu’à la fin, jusqu’au silence. »

[Dedale, Biblioblog, 2 décembre 2010]

Vie du texte

Christine Gagnieux a proposé une lecture de Dans les Draps blancs d’autrefois de Laurent Gaudé et Une besace de Michaël Glück lors du Salon de l’édition théâtrale, place Saint-Sulpice, le 24 juin 2003 à Paris.

Mise en espace des trois textes composant Kaboul, dirigée par François Leclère, avec Christine Gagnieux, à Théâtre Ouvert, le 27 septembre 2004.

Lecture de Une Besace de Michaël Glück par Claude Maurice dans un univers sonore imginé par Henri d’Artois et rendu dans un dispositif de multi-diffusion à huit voies, La Baignoire à Montpellier, les 6 et 7 mai 2010.

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