Textes d’aujourd’hui pour le théâtre. Ces publications sont régulièrement soutenues par la Région Languedoc-Roussillon, et depuis 2003 par la SACD.

Sweetie

ISBN : 978-2-84705-165-0
EAN : 9782847051650

13x21cm, 112 p., 15,80 €
monologue de femme d’un côté et monologue d’homme de l’autre côté
Publié avec le soutien du Centre national du livre

2018

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Une femme interpelle Sweetie : elle entend des vrombissements dehors, des bourdonnements derrière les murs. Qui peut bien produire ces bruits dont elle se sent menacée ? Ses propres enfants ? Les voisins ? Sweetie ne répond jamais : qui est-elle ?

Farcesque, grotesque et politique, Sweetie est le dernier texte de Philippe Malone. Il est l’écho d’un petit monde qui préfère s’enfermer, se replier sur lui-même, empêcher toute mutation, tout accueil de l’autre qu’il soit jeune ou étranger pour préserver ce qui s’écroule de l’intérieur.


Pourquoi deux Sweetie ?

Si la version féminine brise certains codes moraux, politiques, la version masculine s’attaque au masculinisme du pouvoir, au patriarcat, dont tous les codes sont encore activés (voire suractivés aujourd’hui notamment chez certains chefs d’Etat.).

L’intérêt de cette double publication est, outre la singularité de l’objet, de déplacer l’enjeu même du texte au centre des deux versions. Un même texte, selon qu’il est masculin ou féminin, ne brasse pas les mêmes enjeux symboliques, politiques ou sociétaux. Il produit des images distinctes qu’il devient très intéressant d’interroger. Il implique en outre une lecture décalée du texte, une interrogation sur notre propre grille de lecture et une prise en charge spécifique au plateau, quel que soit le sexe choisi.

Bref, il renvoie à nos représentations, non par le discours, mais par le vide laissé entre les deux propositions. Il pose la question du sexe du pouvoir et des images, refoulées ou plébiscitées, qui y sont associées.

Extraits de presse

Composée de trois parties, Sweetie est le long monologue d’une figure qui existe d’abord dans son verbe – et c’est en cela que c’est une oeuvre éminemment théâtrale, peut-être. Un monologue toutefois segmenté, griffé de barres obliques qui coupent le texte, permettent – à l’acteur et au lecteur – de reprendre son souffle.

Cette figure – car il y a un corps sous la voix – semble n’exister que dans l’adresse à l’autre, un autre nommé « Sweetie » ainsi qu’il est interpellé de manière récurrente, le mot cadençant le texte. Un autre dont on finit par douter de l’existence : « tu m’entends Sweetie, Sweetie, est-ce que tu m’entends ». C’est sur ces mots que se referme la pièce.

Un monologue adressé donc, quoique l’adresse soit impossible. La parole, de toute façon, est tentaculaire et tente de tout phagocyter par son extension (il y a un côté novarinesque de cette écriture que je n’avais jamais perçu, mais du Novarina appliqué au réel). Cela se donne à voir notamment dans le recyclage de formules toutes faites (dicton, paroles d’évangiles, slogan – toutes faisant autorité).

[Sylvain Levey]


Le livre donc se donne dans sa conception matérielle, comme un endroit, un envers, à choisir, identique par le texte, changeant seulement quand cela est nécessaire de genre, texte comme répété et retourné, deux fois dédicacé à l’ami de théâtre disparu, Emmanuel Darley.
Pourtant l’entrée dans la lecture, les toutes premières pages tournées révèlent comme en miroir de la carte à jouer deux clefs de lecture : une face féminine avec son miroir de Vénus, ♀,et une face masculine avec le bouclier de Mars, ♂. (…)

 ? Le titre anglais quant à lui joue sur toute une palette d’adresses. Une mère peut affectueusement dire à son enfant « sweetie », une épouse tendre pourra faire de même à l’endroit de son compagnon, et un homme adressera ce mot doux et sucré à quelqu’un qui lui est cher. D’une certaine manière d’ailleurs, le texte tout entier est porté par ce mot, il définit un monologue ou un dialogue silencieux, autour d’un tu et d’un « entendre » (à partir de la page 17) qui résonnera jusqu’à la fin.

Sweetie devient une sorte de prénom omniprésent, oppressant pourrait-on dire. Il incarne la douceur qui se tait. Le texte se développe en crescendo. (...) Le leitmotiv du bourdonnement participe d’une métaphore du monde foisonnant, du monde des enfants qui entre peu à peu dans le texte. Celle qui parle est mère / père. Sa parole est logorrhée, flot, accumulation, asyndète en colère (…)

Le champ de la parole (maternelle ou paternelle) entre en vérité en correspondance avec la langue du politique paranoïaque comme en témoignent les propos sur la nuisance, le danger que représentent les voisins auprès des enfants (…)

Ph. Malone, à travers le prisme du monologue d’une mère ou d’un père, fait acte politique. Les peuples sont des enfants et les dictateurs leur « petit père ».

[Marie Du Crest, La Cause littéraire, 15 octobre 2018]

Vie du texte

Mise en lecture à La Baignoire, lieu des écritures contemporaines, Montpellier, dirigée par Stéphanie Marc, avec Alex Selmane, les 6 et 7 octobre 2017.


Lecture lors de Text’avril par Vanda Benes, Théâtre de la Tête noire, Saran, le 21 avril 2018.


Lecture lors du Festival Regards croisés, organisé par Troisième bureau, dirigée par Grégory Faive, avec Chloé Schmutz, Grenoble, le 27 mai 2018.

Radio Clapas - Emission PVC sur 93.5 Montpellier

1 heure d’émission à écouter en podcast dont le principe est :

« Autour des auteurs publiés par les éditions Espaces 34, les étudiants de l’ENSAD de Montpellier, sous la direction de David Léon, travaillent leur voix, leur diction, le sens des textes. Une fabrique de l’art du comédien à entendre, entrecoupée par la parole des auteurs, de leur éditrice Sabine Chevallier, et de la dramaturge Marie Reverdy. Le texte se déploie également le temps d’une lecture faite par l’auteur, par les étudiants de l’ENSAD, ou par Béla Czuppon, comédien et metteur en scène, La Baignoire-Montpellier. »

http://www.radioclapas.fr/portfolio/plateau-virtuel-club/
https://www.radioclapas.fr/portfolio/plateau-virtuel-club/pvc-7-mai-2018-p-malone-sweetie/

1re diffusion vendredi 4 mai 2018, émission 7

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