Après diverses traductions liées à des mises en scène, création d’une collection "Théâtre contemporain en traduction" avec la Maison Antoine Vitez-Centre international de la traduction théâtrale

Le Néther

ISBN : 978-2-84705-156-8

13x21cm, 96 p., 15 €
5 comédiens (3 hommes, 2 femmes)

2017

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Collection Théâtre contemporain en traduction
Traduit de l’anglais (USA) par Emmanuel Gaillot.

Dans un futur proche, Internet est essentiellement accessible par le Néther, un univers virtuel composé d’une multitude de mondes thématiques. Les humains du monde réel peuvent y piloter des personnages et, sous cette apparence, interagir avec d’autres personnages virtuels, pilotés par d’autres humains du monde réel.

Sims y a créé la Cachette, un monde virtuel dans lequel il offre la possibilité d’assouvir sur des enfants virtuels toutes sortes de pulsions et de fantasmes, notamment sexuels. Mais dans un monde où chacun choisit son rôle, son âge et son sexe, l’autre n’est pas celui qu’on pense. La beauté interdite d’une fillette nommée Iris est le centre de la fascination des visiteurs parmi lesquels un espion s’est introduit.

Après Quartier3, destruction totale, Jennifer Haley poursuit ici son propos sur les mondes virtuels. Elle explore notamment la manière dont les réalités virtuelles nous obligent à revisiter les concepts de liberté et de culpabilité. Et elle s’interroge : un crime dans le monde virtuel est-il condamnable dans le monde réel ? Que dit-il de nous, de nos pulsions, de nos valeurs, et de la « la manière dont nous demeurons qui nous sommes » ? Quel est le risque du passage à l’acte dans le monde réel ?

Extraits de presse

« L’humour de Jennifer Haley au travers de cette enquête est glaçant, perçant. Il tranche à vif, touche à l’érotisme de la langue.

Dans son sillage une atmosphère trouble se dégage. Elle apparait à l’aune d’une recherche mystérieuse, qui chemine d’un côté entre une faute antérieure irréparable commise, et de l’autre la quête de paradis artificiels perdus. »

[Quentin Margne, Entre les lignes, avril 2016]


« Il apparaît avec évidence que la Cachette, loin d’être le lieu où l’on rencontre des personnes, où l’on peut trouver l’amour, est un espace de production et de consommation de fantasmes, de pulsions, de rôles, de scénarios : on n’y est pas reçu par une ou un qui vous aimerait, on n’y est jamais entièrement soi.

La nostalgie de l’enfance, la nostalgie d’une véritable relation paternelle, d’une véritable relation filiale, traversent la pièce, de même que le scandale de la souffrance des enfants réduits à être, pour les adultes, objets de consommation et de fantasmes. Ce scandale de la consommation et du massacre (fût-il ici virtuel, mais tout de même à la hache) des innocents se dessine, discrètement, derrière les traits de la Cachette. Ce scandale qui pose la question de Dieu et doit au moins provoquer la révolte de l’homme, comme le montre Dostoïevski dans Les Frères Karamazov (1ère partie, livre V, chapitre 4 : la révolte d’Ivan).

Avec un style parfois poétique, Jennifer Haley sait rendre la saveur de cette innocence, la saveur de ce monde ancien, où il y avait encore de vrais arbres, où la lumière du soleil dansait sur les murs de la chambre, alors que le vent prenait chair et son dans les feuilles des arbres et que l’enfant voyait sa mère penchée à la fenêtre.

La pièce de Jennifer Haley pose enfin la question de la portée et des conséquences des actes commis dans le monde virtuel : sont-ils des actes réels, sont-ils des actes dont l’on peut imputer la responsabilité à ceux qui les ont commis ? Après tout, il n’y a pas, au sens strict, mort d’homme ou d’enfant. Il n’y a pas, au sens strict, consommation d’un acte sexuel à caractère pédophile.

Il se produit ainsi une totale disparition de la responsabilité : nul n’est responsable de ses pulsions, nul n’est responsable de ce qu’il fait dans le monde virtuel ; les victimes ne sont pas réelles. Avec la responsabilité disparaît donc aussi la culpabilité. Avec elle enfin disparaît la liberté : les pulsions ne sont pas accessibles à la liberté, on ne peut s’en affranchir. Il faut seulement trouver l’espace dans lequel leur assouvissement aura les moindres conséquences. »

[Frédéric Dieu, Profession spectacle, 20 octobre 2017]

Le texte à l’étranger

La pièce a été créée en mars 2013 à Los Angeles, Center Theatre Group, dans une mise en scène de Neel Keller.

Puis en juillet 2014 au Royal Court Theatre et Headlong à Londres, dans une mise en scène de Jeremy Herrin. Reprise en février 2015.

Création en février 2015 à New York, MCC Theater at the Lucille Lortel Theatre, dans une mise en scène d’Anne Kauffman.

Des créations ont également eu lieu en Suède, Allemagne, Turquie, Norvège.

Vie du texte

Sélectionnée par le bureau des lecteurs de la Comédie-Française. Lecture dirigée par Claude Guerre avec Catherine Sauval, Hervé Pierre et Nâzim Boudjenah, le 1er décembre 2014.

Réalisation sur France Culture de Baptiste Guiton, le 3 mars 2015.

Lecture dans le cadre du festival Terres de paroles, avec Ludovic Pacot-Grivel, Jean-Marc Talbot, Anne-Sophie Pauchet, le 15 avril 2016.

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