Textes d’aujourd’hui pour le théâtre. Ces publications sont régulièrement soutenues par la Région Languedoc-Roussillon, et depuis 2003 par la SACD.

Delta charlie delta

EAN : 9782847051414

13x21cm, 120 p., 16 €

Publié avec le soutien du Centre national du livre

2016

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Il y a trois enfants un soir d’octobre. Ils courent parce que la police court derrière eux. Ils se réfugient dans un transformateur. La police ne signale pas le danger, n’alerte personne. Deux enfants meurent. Un enfant survit. Des semaines « d’émeutes » s’ensuivent.

Dix ans plus tard. Le tribunal reconstitue les faits. Les voix enregistrées de la radio de la police. La minutie. Les heures, les minutes, les secondes.

Et il y a le survivant, celui que l’on a oublié, qui porte dans sa peau les deux enfants morts. Celui qui se dissimule. Celui qui, encore et pour toujours, fait face à la police.

Comme une tragédie jamais achevée.

Au-delà de faits, dans leur crudité, leur nudité, des mots entendus et prononcés au tribunal, ce texte déploie, à travers une forme chorale, une dimension symbolique. Il inscrit l’engrenage, la culpabilité individuelle et collective, dans une dimension humaine, éthique, politique.

Extraits de presse

« (…) Delta Charlie Delta excède en tout point cette classification [texte dramatique] pour atteindre une dimension poétique (et donc politique comme dans les plus hautes tragédies antiques) dans son sens le plus plein. (…)

De texte en texte, depuis notamment L’Extraordinaire tranquillité des choses écrit conjointement avec trois autres auteurs, Lancelot Hamelin, Sylvain Levey et Philippe Malone alors qu’il était artiste associé au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis, en passant par Le But de Roberto Carlos, Michel Simonot s’évertue à rendre compte du réel le plus strict et le plus prégnant sans toutefois faire œuvre tristement réaliste.

Une incroyable gageure qui trouve ici sa résolution, à travers une forme totalement originale qui fait appel à différents registres d’écriture, rassemblant dans un montage savant récit (d’un chroniqueur relatant les événements et les minutes du procès,…), voix des trois enfants, voix du survivant finissant par s’élever dans un chant inouï, dialogues-interrogatoires entre le procureur et les policiers, et même commentaires lus sur Internet…

Subtil mélange en 7 chants – le seuil, on court, électrocution, décharges, 40 minutes, combustion, survivant – pour capter le réel et le transcender. Le réel nous revient au visage tel un boomerang et nous laisse abasourdi.

On soulignera le minutieux travail de l’éditrice Sabine Chevallier qui a tenté de retranscrire les différents registres d’écritures de Michel Simonot, comme dans une ébauche de mise en scène en somme. »

[Jean-Pierre Han, Témoignage Chrétien, n°3683, août 2016]


« (…) Michel Simonot écrit une tragédie contemporaine. Le chroniqueur raconte les faits. Au tribunal, les paroles du troisième procès des policiers pour non-assistance à personnes en danger, en mars 2015, sont retranscrites. Relaxe définitive. Là, intervient la fiction
Michel Simonot convoque les voix de deux morts et surtout celle du survivant (…)

Comme un cri dans la nuit Delta Charlie Delta fait œuvre de mémoire, d’une mémoire qui ne peut s’oublier, d’une parole qui ne demande qu’à être incarnée sur le plateau d’un théâtre.

Michel Simonot soulève le couvercle du temps.
Son écriture voyage entre réel, poésie et imaginaire.

Partitions musicales où les mots résonnent, s’entrechoquent, palpitent, dans une rythmique soutenue. Le monde tourne. Michel Simonot l’observe.

Poétique et politique, une parole théâtrale comme moyen de dire le monde. »

[Frédérique Arbouet, Le Lien social, n°1181, 17 mars 2016]


« Une pièce chorale au souffle puissant, entre théâtre documentaire et poème dramatique, pour donner la parole aux invisibles et éclairer l’un des épisodes les plus sombres de notre passé récent.

Le texte prend pour objet la tragédie de Clichy sous Bois en 2005. Une course poursuite entre des policiers et de jeunes adolescents, qui finit par la mort de deux d’entre eux dans un transformateur électrique et la survie d’un troisième gravement
brûlé. Le procès qui eu lieu 10 ans plus tard.

S’agencent ici deux temporalités, deux formes de récit. D’une part, une chronique, judiciaire, journalistique, énumération, description des faits, compte-rendu du procès. De l’autre, la voix des trois enfants. Cette deuxième voix devient poème, fait appel au présent des disparus, au nôtre, mais aussi à des temps immémoriaux, voix des morts, des disparus, de tout temps.

Michel Simonot donne voix aux sans voix, leur prête sa voix : "Une fois qu’ils m’auront fait parler l’histoire n’aura pas été faite" fait-il dire à l’enfant survivant. Un devoir de mémoire. Dire ce qui n’est pas dit, plus dit, voire jamais dit. Construire une poétique pour sortir du fait divers et ses amnésies, ses aveuglements plus ou moins collectifs.

Collectif A mots découverts, 2016]


« Pièce chorale, poétique (…)

Le texte de Michel Simonot est le récit, minute par minute, des événements, depuis le début de la course-poursuite jusqu’au dénouement final. Il est aussi le compte rendu du procès des policiers, des questions qui leur sont posées et des réponses qu’ils apportent.

Et puis, dans les interstices, ce sont les voix des enfants qui se glissent, celles des enfants morts, mais aussi du survivant. Comme pour nous dire qu’au-delà du fait divers, ce ne sont pas deux morts de plus (…)

Comment mettre des mots, et quels mots sur ces émotions, sur cette tristesse, cette colère qui s’emparent de nous au souvenir de ces événements et nous laissent désemparés.

Le jugement du tribunal devait refermer définitivement l’histoire, la pièce de Michel Simonot la rouvre et la laisse ouverte (…) »

[Patrick Gay-Bellile, Le Matricule des Anges, n°173, mai 2016]


2005 : voulant se cacher de la police, Zyed et Bouna meurent électrocutés dans un transformateur.
2015 : les policiers impliqués dans leur mort sont relaxés.

Par le chœur, par la parole, par la patiente mais indignée retranscription des faits, Simonot fabrique une élégie belle comme un poème, à la fois minutes du procès et longue mélopée des morts et des vivants.

Ample, lyrique, digne.

[Fabrice Andrivon, Librairie Le Haut Quartier, Pézenas, 25 juin 2016]


« (...) Ce livre n’appartient à aucun genre et à tous à la fois, écriture scénique, roman du "réel", poésie, manifeste sensible... (...)

L’auteur commence par écrire les faits, dans une langue épurée, efficace, sensible. Pour pouvoir ensuite dérouler l’histoire en toute liberté, en faisant fi de la chronologie. "Pour aller là où je voulais, cette question de la culpabilité."

Les phrases sont courtes, la ponctuation quasiment absente du texte. "L’écriture, c’est de la musique, on écrit comme sur une portée, sauf que ce ne sont pas des notes", explique-t-il. "Ecrire pour le corps, et quand le corps court, s’épuise, n’a pas le temps de respirer, ne pas mettre de ponctuation." (…) »

[Frédérique Meichler, L’Alsace, 15 octobre 2016


« Voix. Vois du chroniquer qui énonce les faits. Voix des deux enfants morts. Voix des policiers, ceux qui ont vu et ceux à qui cela aurait pu arriver. Voix du survivant, fissurée, imperceptible. Voix du dramaturge enfin, pour la mémoire.

Delta Charlie Delta est un poème, un reportage, une pièce de théâtre. Elle a le souffle littéraire et le déploiement scénique. (…)

Les policiers sont-ils coupables ? La question n’intéresse par l’écrivain ; sa parole est celle, cinglante, de l’ultime impuissant. Elle recueille la blessure d’un monde dans lequel l’autre n’est pas d’abord un frère. (…)

[Pierre Monastier, Nunc, n°41, février 2017]


« Oratorio profane, Delta Charlie Delta est une opération de mise au net des faits, des situations et des discours.

Face au bruit du monde, face au brouillage, à la pollution des avis et opinions (confère ce moment choral dédié aux multiples prises de partie sur Internet), le texte énonce les lignes claires. Ce n’est pas la rage qui ressort, mais la sereine évidence. Si les tempêtes médiatiques engloutissent, le texte peut ramener là, rendre les présences, y compris celle du troisième garçon, que sa non-mort a paradoxalement fait disparaître. (…)

La littérature, ici, n’engage pas la critique, les hypothèses, la justesse ; elle se fait concise à dire le vrai, à faire oeuvre de vérité. Elle propose l’événement du texte face au marécage des opinions, des déclarations contradictoires, des postures. (…) »

[Charles Robinson, blog, 5 mars 2017]


« (…) Loin d’un « travail de journaliste à chaud », Michel Simonot emprunte un chemin artistique d’investigation où il cherche une « capacité de distance et de recul, de décalage et de décentrement » vis-à-vis de événements qu’il explore, depuis cette journée blême du 27 octobre 2005 jusqu’au dernier procès de 2015, où furent relaxés définitivement les policiers poursuivis pour non-assistance à personne en danger.

La forme chorale du récit entremêle des faits datés et précis et des éléments de fiction, jouant librement avec divers registre de langue.

L’effet de souffle en est assez puissant pour interdire au lecteur toute indifférence. (…) »

[Marina Da Silva, Le Monde diplomatique, avril 2017]

Vie du texte

Lecture lors des Lundis en coulisse du Théâtre de l’Aquarium, Paris, le 8 février 2016.


Lecture lors des Lundis en coulisse de la compagnie Les encombrants, Dijon, le 7 mars 2016.


Lecture dirigée par Justine Simonot, avec Clotilde Ramondou, Nabi Riahi, Justine Simonot, Michel Simonot, Léo Yonis, Anis Gras, Arcueil, le 22 mars 2016.


Lecture à la Maison des littératures à haute voix, dirigée par Denis Lanoy, Triptyk Théâtre, avec Denis Lanoy, Kader Roubahie, Michel Simonot, le 17 mars 2016.


Lecture dirigée par Justine Simonot, avec Clotilde Ramondou, Nabi Riahi, Justine Simonot, Michel Simonot, Léo Yonis, Théâtre des Halles, festival d’Avignon, 15 juillet 2016, en partenariat avec Bondy Blog, Mediapart, Revue du Crieur.
voir ici.


Lecture par Jean-Marc Bourg accompagné par Franck Vigroux (univers sonore), à La Baignoire, Montpellier, le 22 mars 2017.


Pièce lauréate du Prix de la page 68 du Festival sans nom du polar de Mulhouse, 15 octobre 2016.


Pièce lauréate de l’Aide à la création du Centre national du théâtre, novembre 2016.


Pièce lauréate du Prix Collidram 2017 de littérature dramatique des collégiens, remis en mai.


Sélectionnée pour le Prix Godot 2017 des lycéens.


Pièce sélectionnée par le collectif A mots découverts, 2016.


Vous pouvez retrouver ici et ici les vidéos de Michel Simonot à propos de ses textes Delta Charlie Delta et Le but de Roberto Carlos.

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