Après diverses traductions liées à des mises en scène, création d’une collection "Théâtre contemporain en traduction" avec la Maison Antoine Vitez-Centre international de la traduction théâtrale

Quartier 3 : destruction totale

ISBN : 978-2-84705-094-3
EAN : 9782847050943

13x21cm, 136 p., 15 €
2 hommes, 2 femmes
16 personnages

Ouvrage publié avec le soutien du Centre national du livre et de la Maison Antoine Vitez - Centre international de la traduction théâtrale

2012

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Collection Théâtre contemporain en traduction
Traduit de l’anglais (USA) par Emmanuel Gaillot.

Un groupe d’adolescents tentent d’atteindre le dernier niveau dénommé « La Maison Finale » d’un jeu vidéo se déroulant dans une réalité virtuelle, « Le Quartier ».

Ce dernier, situé dans une banlieue américaine, à l’identique de celle dans laquelle vivent réellement les joueurs, est habité de zombies que les joueurs doivent éviter ou tuer pour progresser de niveau en niveau. Mais, petit à petit, on découvre que les actions destructrices des joueurs, happés par les événements virtuels auxquels ils participent, troublent le calme apparent de la banlieue et que les relations entres les jeunes et les adultes, perdus dans un monde réel déconnecté des valeurs humaines, se détériorent.

Jennifer Haley rend poreuse la frontière entre la réalité et l’univers du jeu. Ainsi, si la pièce, à l’exception d’une seule scène, se déroule dans l’univers « réel » habité par les parents et les adolescents, il est constamment fait référence au jeu, par le biais des « soluces » ou « solutions du jeu ».

L’auteur propose une réflexion qui, au delà de la perception que l’on peut avoir des pratiques de jeux, pose la question des liens entre réel et virtuel, mais aussi entre représentation du virtuel et le virtuel du théâtre.

Quartier 3 : destruction totale est la première traduction en français (2011) et la première publication de Jennifer Haley.

Extraits de presse

« Jennifer Haley est une dramaturge américaine. Quartier 3, destruction totale est sa première pièce publiée en français.

Le lecteur est entièrement happé par ce texte qui se lit comme un roman policier ou un roman d’horreur. Seize personnages hantent ce Quartier 3, seize joueurs appartenant à des catégories “père”, “mère”, “fils” ou “fille”. (…) Nous sommes donc dans un jeu. Mais un jeu grandeur nature, à l’identique du quartier dans lequel les personnages vivent.

Jennifer Haley crée une mise sous tension extrêmement physique, elle rythme ses phrases, marque des silences très lourds et actifs et met en jeu cette rythmique dans la mise en page même de sa pièce.

Quartier 3 nous renvoie bien sûr à la violence de notre monde, avec tous ces faits divers où des jeunes passent à l’acte de tuer, comme s’ils se retrouvaient devant leur console. Le théâtre étant lui-même une mise en jeu, cela produit un effet de miroir démultiplié et salutaire. On sort de cette lecture absolument tendus et mal à l’aise.

À lire absolument. »

[Laurence Cazaux, Le Matricule des Anges, n° 136, septembre 2012]


« C’est moins le jeu vidéo qui importe que son impact sur les relations humaines ou son caractère révélateur.

L’origine de la pièce transparaît dans les idiosyncrasies sociales, caractéristiques d’une banlieue américaine blanche, avec comité de quartier, desperate housewives, père divorcé workaholic, ados déjà névrosés, voisin louche. Si loin, mais si proche, pourtant - notamment par l’influence de ces nombreuses séries auxquelles la pièce fait immanquablement écho. »

[Alain Lorfèvre, La libre Belgique, 20 février 2017]


« Ce pourrait être le scénario d’un film, entre science-fiction et horreur, qui puiserait ses références à la fois dans Matrix et World of Warcraft, ce jeu de rôle en ligne et multijoueur. On peut y voir aussi un petit côté Scream pour le suspense sanglant, sans oublier la série The Walking Dead pour la pincée de zombies, et un peu de Desperate Housewives pour le dépeçage en règle de la banlieue américaine cossue où les pelouses vertes et impeccablement tondues cachent mal les dérèglements familiaux et autres lacunes en termes de relations humaines tapis derrières les fenêtres. (…)

Construite en une série de scènes courtes, elliptiques, rapides comme des secousses, sommaires comme des décharges électriques, la pièce trouve dans la mise en scène d’Olivier Boudon un habillage impeccable, rigoureux, qui joue lui-même avec les écrans pour mieux nous déstabiliser. « 

[Catherine Makereek, Le Soir, 21 février 2017]


« Quartier 3, Destruction totale - à la fois le titre de la pièce et celui du jeu dont il est le sujet - parle de ces joueurs compulsifs, addictifs. Ils sont jeunes, évoluent dans un contexte de petite ville américaine plutôt cossue, dans un quartier bien précis (que l’on devine ultra protégé), décrit et reproduit à l’identique par le jeu lui-même dans lequel ils sont plongés, en immersion totale.

De niveau en niveau, ils tentent d’atteindre le dernier stade du jeu "La Maison Finale", et doivent pour cela affronter des zombies au moyen d’armes et d’astuces à trouver dans leur entourage : jardins, maisons, familles. La ressemblance avec certains quartiers de nos villes n’est pas fortuite et les problèmes que le public va découvrir sont universels, notamment la relation intergénérationnelle.

Une "Association des habitants du quartier" s’est formée et tous les adultes s’inquiètent de la tournure de plus en plus violente prise par le jeu et son impact sur leur vie jusqu’alors paisible. La relation parents/enfants se détériorera à mesure que le jeu évolue et que des faits étranges surviennent, que force est de constater que les actions des joueurs ont des conséquences (coïncidences ?) dans le quotidien de leur quartier réel (objets disparus, chat torturé...). (…)

Le spectateur accroché à l’histoire qui évolue comme un thriller, risque de sentir monter en lui une certaine anxiété : celle de ne plus savoir où se situe la Vérité, la Réalité, telle qu’il croit la connaître. (…)
La fin ambigüe, ouverte, laissera le spectateur dubitatif et sur sa faim ou, au contraire, en proie à une foule de réflexions, suscitant elles-mêmes de nouvelles interrogations... Une fois encore, le théâtre de Poche est fidèle à son histoire et à sa réputation d’être, lui, résolument ancré dans la réalité, et l’actualité !

[Suzanne Vanina, Rue du Théâtre, 23 février 2017]


« Dans ce quartier, toutes les maisons se ressemblent. Le but du jeu est de remplir une série de missions, niveau par niveau, tout en survivant aux attaques de zombies. Chaque chapitre débute sur une vue aérienne du quartier, celui-là même dans lequel vivent les joueurs. De plus, les zombies prennent l’apparence des adultes du voisinage. Très vite la frontière entre virtuel et réalité s’estompe et les parents en viennent à espérer que leurs enfants se droguent, comme si cela était plus conforme à la "normalité". Et si on évolue, étape par étape, au gré du déroulement du jeu, il apparaît rapidement qu’il n’y a pas de sortie possible, toute relation est empoisonnée par le fantasme et la peur. (…)

La mise en scène d’Olivier Boudon repose sur la distance entre le spectateur et les comédiens qui se concrétise par un écran géant transparent sur lequel sont projetées des images du quartier et les instructions auxquelles les joueurs doivent répondre, des "solutions du jeu". Derrière cet écran, adolescents et adultes se parlent, se mesurent, s’affrontent dans des joutes verbales dominées par l’incompréhension mutuelle, même s’ils habitent le même quartier, vivent dans une même famille et partagent les mêmes codes.

Les quatre comédiens déroulent ce puzzle apocalyptique avec conviction et détermination. Tous les personnages véhiculent les archétypes que notre société consumériste et hyper individualiste peut produire (…)

Plus que le jeu vidéo lui-même, ce sont les rapports humains induits par le flou qui sépare l’univers virtuel de la vraie vie qui sont au cœur du questionnement de la pièce. Jusqu’où s’étend notre responsabilité dans l’évolution de nos enfants, où se situe la limite dans la liberté que nous devons consentir pour qu’ils s’épanouissent, quand est-il trop tard, quand allons-nous trop loin dans la déresponsabilité, dans la culpabilité ?

Les quatre comédiens déroulent ce puzzle apocalyptique avec conviction et détermination, à un point que l’on est tout surpris qu’ils ne soient que quatre – au total, ils jouent pas moins de 16 rôles – sur scène tant leur palette est riche et leur présence forte. L’ambiguïté entre réalité et virtualité est troublante jusqu’au coup de théâtre final. »

[Didier Béclard, L’Echo, 28 février 2017]


« Quartier 3, destruction totale était une pièce troublante qui traitait déjà du même sujet [que Le Néther] : les changements que produit la réalité virtuelle dans les relations entre les humains.

Des adolescents jouent à un jeu vidéo ultra-violent qui consiste à tuer des zombies. Le décor du jeu est identique au quartier où ils vivent. La frontière entre la réalité et le virtuel devient tellement poreuse que l’on ne sait plus, lorsqu’un adolescent parvient au dernier niveau du jeu, s’il a réellement tué sa mère qui vient de lui demander de fermer son ordinateur, ou s’il est resté dans le jeu. »

[Laurence Cazaux, Le Matricule des anges, n°189, janvier 2018]

Le texte à l’étranger

Neighborhood 3 : Requisition of Doom est publié par Samuel French et Playscripts, Inc.

La pièce a été montée dans le cadre du Humana Festival of New American Plays de l’Actors Theatre of Lousville en 2008, et du Summer Play Festival de New York.

La pièce continue à tourner depuis 2009 : Las Vegas NV ; Wellfleet MA ; Cambridge MA ; Baltimore MD ; Rochester NY ; Pittsburgh PA ; Los Angeles CA ; Durham NC ; Philadelphia PA ; Boston MA ; Hamilton, New Zealand ; St. Louis MO

Vie du texte

Lecture dirigée par Dag Jeanneret au Printemps des comédiens, Montpellier, le 18 juin 2012.


Pièce retenue par le Bureau des lecteurs de la Comédie-Française en mai 2012.

Dans le cadre d’un cycle de lectures d’auteurs contemporains, Quartier 3, destruction totale fait l’objet d’une lecture scénique avec des comédiens de la troupe de la Comédie-Française, Théâtre du Vieux-Colombier, juin 2012.


Sélectionnée par le Fracas des mots, laboratoire pour les écritures contemporaines du CDN-Le Fracas, Montluçon.
Mise en lecture par Cédric Jonchière, au Fracas, le 28 mai 2013.


Mise en lecture par Joris Mathieu, dans le cadre de Lectures sur un plateau, 3 jours dédiés aux écritures théâtrales pour l’enfance et la jeunesse, proposé par le CDN-Théâtre Nouvelle Génération, Lyon, le 9 avril 2015.


Dans le cadre du festival Terre de paroles, lecture dirigée par Ludovic Pacot-Grivel et les élèves du Conservatoire du Havre, Evreux, 16 avril 2016.


Création dans une mise en scène de Olivier Boudon, avec Lise Wittamer, Stéphane Fenocchi, Lucile Charnier et Lode Thiery, Théâtre de poche, Bruxelles, du 14 février au 11 mars 2017.

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