Textes d’aujourd’hui pour le théâtre. Ces publications sont régulièrement soutenues par la Région Languedoc-Roussillon, et depuis 2003 par la SACD.

L’Homme et cetera

ISBN : 978-2-84705-086-8
EAN : 9782847050868

13x21cm, 48 p., 10 €

Ouvrage publié avec le soutien du Centre national du livre

Texte écrit dans le cadre du projet « Sciences-Fictions, rencontres entre auteurs dramatiques et scientifiques », partenariat domaine d’O (domaine départemental d’art et de culture-Hérault) / Editions Espaces 34, en association avec la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon - Centre national des écritures du spectacle

2012

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Rémi Checchetto nous conduit sur les pas de l’homme dans une fresque qui embrasse l’histoire de l’humanité depuis son origine au monde et sa vie dans les grottes jusqu’à sa transformation en homme savant du XXIè siècle.

Qu’est qu’un homme ? Qu’est-ce qui le caractérise, le fait aller de l’avant alors qu’il tourne en rond, qu’il tente de s’asseoir et ne le peut tant cela va vite autour de lui et qu’il craint toujours et sans cesse d’être dépassé ?

Dans cette avancée, l’Homme et cetera pose des axiomes qui sont autant de cailloux qui forment un gué afin de conserver les pieds au sec et la tête hors de l’eau. Et souvent il tente de ne plus avoir trop de mémoire, cela le soulagerait bien, mais non, indomptable elle revient au galop.

Ainsi continue-t-il, de plus en plus incarné malgré lui, de moins en moins formé de lui-même, cependant qu’il demeure toujours un homme fait de doutes, de la certitude de sa mort, pouvant rire quand il le veut, poussant souvent un grand rire en lieu et place d’une dépossession qui fait toujours un peu mal. Ainsi va-t-il cependant qu’il apprend à se jouer de tout cela et reprend de main ferme la main.


« L’écriture de L’homme et cetera a commencé par une vision de la fin et du début de la pièce d’un homme à quatre pattes. Cela n’était pas déjà des mots, mais une vision qui réclamait et proposait des mots. Et le voilà au début sortant de sa grotte et se relevant lentement, à la fin terminant à quatre pattes après avoir ployé sous le poids de quelques dizaines de savoirs.

La vision d’un homme donc, celle de L’homme et cetera plus précisément. Un homme plutôt conscient qui se charge d’éruditions, qui se charge aussi de se charger. Un qui ne rechigne pas à savoir, à épouser et à incarner ce savoir pour le meilleur comme pour le pire. Un qui comme tout un chacun se passerait bien de savoir ceci ou cela, seulement voilà, les médias sont plus fort que lui qui lui envoient des infos en continu, impossible et illusoire donc d’aller longtemps en se bouchant les oreilles, en fermant les yeux.

Et le voilà qui dit, qui vit sa réalité augmentée non pas hors de lui mais en lui, c’est que le puits de science n’est pas à l’extérieur mais se creuse à l’intérieur de l’homme, puits de science dont les échos ne que peu de cesse.

Et le voici qui dit, prononce et annonce, afin que cela sorte de lui, s’en aille et pèse moins, se partage et se divise parmi la communauté humaine qui est dans les alentours.

Le grand hic, c’est qu’il ne peut plus être dans sa tranquillité de chair et de pensées, ne peut plus faire un geste sans que cela mette en route des synapses et des neurones, des atomes combinés et de la sérotonine, et de la pensée nette ou pas nette. Et nous voyons, entendons ces gestes qui coincent, entendons sa bouche qui dit une chose alors qu’il fait autre chose, l’entendons dire avec certitude et certifié conforme alors que sa main tremble.

Glorieux homme et cetera, pauvre homme et cetera, qui marche tout droit en avant alors qu’il tourne en rond, qui tente de s’asseoir et ne le peut tant cela va vite autour de lui et qu’il craint toujours et sans cesse d’être dépassé, qui ne peut s’arrêter, tiré à hue et à dia par les fils de marionnettistes scientifiques.

Et dans cette avancée, il pose des axiomes qui sont autant de cailloux qui forment un gué afin d’avancer les pieds au sec et la tête hors de l’eau. Et souvent il tente de ne plus avoir trop trop de mémoire, ça le soulagerait bien, mais non, indomptable elle revient au galop.

Ainsi continue-t-il, de plus en plus incarné malgré lui, de moins en moins fait de lui-même, cependant qu’il demeure toujours un homme fait de doutes, de la certitude de sa mort, pouvant rire quand il le veut, poussant souvent un grand rire en lieu et place d’une dépossession qui fait toujours un peu mal. Ainsi va-t-il cependant qu’il apprend à se jouer de tout cela et reprend de main ferme la main. »

Rémi Checchetto

Extraits de presse

« …cette écriture de théâtre a pris forme avec la rencontre de Rémi Checchetto et de deux scientifiques, une psychiatre-biologiste et un chimiste.

Le regard alerte du poète n’en est que plus aiguisé et le lexique ainsi glané, tout neuf dans son œuvre, semble lui donner des ailes ! Et ça galope, de la poussière de rien – car comment dire l’origine ? – au “tout est poussière” de l’Ecclésiaste – car comment dire la fin ? –.

Tout y est en une longue phrase sans essoufflement, avec virgules, points d’interrogation, ouverte sur l’infini et nourrie de digressions.

Virtuose, ivre parfois de son propre emballement, hilarante, se moquant aussi de sa propre facilité à capter les petits airs du temps, cette prose euphorisante fait éclater en mille échos une image de l’Homme parfaitement honnête qui nous amène sans effort à nous réjouir d’être descendus aussi vite du singe ! »
[Marie-Jo Dhô, Zibeline, n° 50, 21 mars-18 avril 2012]


« L’Homme et cetera passe en revue notre histoire à l’aune des questions et des découvertes scientifiques. Conjuguée à la première personne du singulier, l’œuvre fait entendre un « moi » générique, galvanisé par les brillantes inventions de l’espèce humaine, mais toujours aussi pataud lorsqu’il s’agit de mettre un pied devant l’autre au petit matin.

Feuillets en main, Béla Czuppon dirige une forme à mi chemin entre la lecture et le spectacle, rythmée par les images de Fred Ladoué et par les riffs tantôt blues, tantôt rock de Patrice Soletti.

Tel le laboratoire d’un savant fou et touche à-tout, le modeste plateau du studio Gabriel Monnet est encombré d’objets hétéroclites, les uns très sophistiqués, les autres empruntés au quotidien le plus ordinaire. »

[Delphine Padovani, Les trois coups, 31 mars 2012]

Vie du texte

Dans le cadre du projet Sciences Fictions, trois lectures ont eu lieu au Domaine d’O, à Montpellier, le 27 mars 2011, par :
— Béla Czuppon, compagnie Les perles de verre
— Antoine Wellens, compagnie Primesautier
— Fabien Bergès, compagnie Humani Théâtre.

Dans le cadre de la poursuite du projet Sciences Fictions, mise en scène par et avec Béla Czuppon, compagnie Les perles de verre, avec Patrice Soletti (guitare) et Fred Ladoué (images) au domaine d’O, Montpellier, du 27 au 29 mars 2012.


Lecture par l’auteur avec Rémi Charmasson, Renc’Arts, Les Angles (30), le 20 octobre 2012.


Lecture par l’auteur dans le cadre des Mardi côté cour, bibliothèque de Saint-Herblain (44), le 4 décembre 2012.


Lecture par Béla Czuppon, compagnie Les Perles de verre, dans le cadre d’« Ecritures en marche » lors du Festival « Ouverture(s), à La bulle Bleue, Montpellier, le 19 septembre 2013.

Création-mise en espace par Béla Czuppon, compagnie Les perles de verre, avec Béla Czuppon (comédien), Patrice Soletti, (musicien), Fred Ladoué (vidéaste), Théâtre Astrée, Villeurbanne, du 25 au 28 février 2014.

Tournée 2016
— Théâtre Sortie Ouest, Scène conventionnée pour les écritures contemporaines, 15 et 16 mars

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