Textes d’aujourd’hui pour le théâtre. Ces publications sont régulièrement soutenues par la Région Languedoc-Roussillon, et depuis 2003 par la SACD.

Le Don J.

ISBN : 2-84705-041-8
EAN : 9782847050417
13x21 cm, 56 p., 11 €

7 personnages et rôles secondaires

2008

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Le Don J. est un enchaînement de cinq variations sur le thème de Don Juan, projeté dans un univers futuriste - ou contemporain.
Pourquoi le Don J. ?
Le problème avec Don Juan est l’article indéfini (un Don Juan) qui provoque bien des malentendus. Ici, il s’agit du Don Juan, donc du mythe. Ce n’est pas un séducteur parmi d’autres, c’est le Don J.. Le Don J point, il suffit.

Retour au mythe ou retour du mythe ? La deuxième formulation me semble plus juste : les idéologies passent, mais les mythes demeurent, souterrainement, et travaillent toujours en nous. Dans une organisation sociale de nos jours toute en fonctionnalités, ce mythe-là nous interpelle singulièrement.

Don Juan n’a pas de raison sociale. Affronté, par nécessité post moderne, à un Commandeur cybernétique garant de l’ordre productiviste et affairiste et flanqué d’un Sganarelle consumériste et dévot téléphile, il n’est ni rebelle, ni complice, il est hors du jeu social.
Il est hors du jeu social parce qu’il n’est pas joué mais joueur. Il ne fonctionne ni avec, ni contre le système, il ne fonctionne pas : il joue.
« Je joue, dit-il, alors le monde s’anime, alors il s’ordonne autour de moi, alors il devient cohérent. »

Façon ludique de vivre dans un monde qu’on ne choisit pas... Jusqu’à ce que mort s’en suive. Mais cette mort-là est un spectacle pour les autres, car pour celui qui joue sa vie jusqu’au bout, la mort n’est qu’un dé qui n’en finit pas de rouler.
JR

Le Don J. a été traduit en anglais par C. & A. Laube.


« Je m’enchante de découvrir que le Don J. de Jean Reinert est une crépitation sur les présences multiples de Don Juan. C’est une exaltation aussi, d’y découvrir de multiples échanges entre Molière et Jean Reinert, échanges consentis dans la plus grande clandestinité.
Ici, les corps sont envahis d’amour, ils sont fluides pour mieux se cacher, pour mieux interroger les versos mystérieux des origines.

Molière et Jean Reinert, ensemble pratiquent une appréciation commune sur les tragédies et les troubles des personnages, ils sont apparentés aux mêmes graphismes des hasards.

Il y a aussi dans ce texte, un très bel enthousiasme à restituer avec des parures très vives, des images lointaines, des sombres gouffres mystérieux, dans lesquels des destinées circulent, fussent-elles à l’envers.
Il y a dans cette écriture du Don J. de Jean Reinert, une intériorité éclatée, qui est une véritable alchimie de l’intelligence ; alchimie simple, pure et modeste.
Ce texte faufile bout à bout des paroles salivées d’or. »

[Jacques Bioulès, 15 juin 2007]

« Par une intuition fondamentale, je savais qu’il fallait que je mette en scène le Don J. de Jean Reinert. L’homme est un véritable poète qui sait ouvrir des perspectives ; de radieuses perspectives. Ce Don J. là appartient à des chatoyantes nouveautés dont les personnages de Don Juan, d’Anna, du Commandeur, de Sganarelle, de l’Amante, d’Ombrella, s’assignent à dire que c’est peut-être une fois épuisé, que le dénouement chasse à jamais le superflu. Mais cessons là de parler, il faut écouter maintenant les amants, les invités, leurs impatiences, tous nous proposent un abîme. Jouons ! cette aventure est le couronnement d’un isolement essentiel. »

[Jacques Bioulès, 17 décembre 2007]

Extraits de presse

« ...le récit se fait en trois temps : celui des questions posées par la société contemporaine, à savoir le don d’organe ou l’écologie pour ne citer qu’elles, un second temps est aux prises avec l’histoire, et le troisième avec le mythe.

Puis, la mise en scène met en exergue l’écriture théâtrale, picturale, comme autant de pistes de lecture. La quasi-totalité de la pièce est commentée par le geste adroit et tendre de Vincent Bioulès, fondateur du mouvement Supports/Surfaces, dont les dessins filmés au cours de leur réalisation sont projetés en arrière plan. D’un abord figuratif, ce relief donne à l’ensemble une approche à la fois légère et dense.

Voilà un Don Juan bien plus joueur que séducteur, qui jubile, qui ne veut pas entrer dans le système. Il le dit lui-même : « je joue le monde » et c’est dans cette voie qu’il devient cohérent. Ce refus de fonctionner dans le monde le conduit à sa compréhension. Ce Don Juan là ne combat plus la morale ni l’église. Il lutte contre la société, celle du rendement, de l’efficacité, de la médiatisation et du profit... »

[Christelle ZAMORA, Rue du Théâtre, 10 avril 2008]


« (...) les dimensions sociales et politiques ont toujours coloré le théâtre de Jean Reinert. L’histoire, l’engagement, l’échec des utopies ont émaillé ses précédentes pièces. Ici, il pointe du doigt les exigences de fonctionnalité de notre époque, les dictats de l’efficacité et du rendement, l’incertitude, l’avenir. Que fait-on de notre monde ?
Effectivement, la question peut sembler subalterne pour un séducteur, aussi grand soit-il. En revanche, pour le plus invétéré des joueurs... »

[Christophe Gayraud, Midi-libre, 21.02.08]


« Quoi de neuf sur Don Juan ? Tout. Comme Œdipe, c’est mythe qui s’éternise. Jean Reinert le prouve sans mal : Don Juan est bien vivant de nos jours même si cela ne fait pas de lui une figure moderne. Au contraire.

(...) Jean Reinert en a fait une figure de la décroissance, un résistant poétique à l’obscurantisme contemporain... On sent qu’une partie de nous-même peut-être sauvée avec lui. »

[Valérie Hernandez, La Gazette, 21.02.08]

Vie du texte

Création dans une mise en scène de Jacques Bioulès, au Théâtre du Hangar à Montpellier, du 26 février au 8 mars 2008.

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