Textes d’aujourd’hui pour le théâtre. Ces publications sont régulièrement soutenues par la Région Languedoc-Roussillon, et depuis 2003 par la SACD.

Le monde me tue

ISBN : 2-84705-038-8
EAN : 9782847050387
13x21 cm, 184 p., 16 €
De 2 à 5 personnages

2007

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« Ou le monde me tue, ou je tue le monde ! »
Cette réplique d’Accatone, extraite du film éponyme de Pier Paolo Pasolini, a servi d’impulsion à l’écriture des six drames brefs réunis dans cet ouvrage.

Ces pièces, de facture et de tonalité aussi diverses que les personnalités de leurs auteurs - tous jeunes écrivains issus de la première promotion du département d’écriture dramatique de l’ENSATT (École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre) - témoignent des violences du monde.
Guerre des peuples ou des esprits, altérités problématiques, clandestinités... hantent ces éclats d’un monde où la farce le dispute sans cesse à la catastrophe.

Ce recueil comprend six pièces courtes :
— Trop compliqué pour toi, de Cédric Bonfils (3 femmes) ;
— Le chat de Schrödinger en Tchétchénie, de Marie Dilasser (4 hommes, 2 femmes) ;
— Les cravates, de Thibault Fayner (3 hommes) ;
— Autopsie du gibier, de Samuel Gallet (2 hommes, 2 femmes) ;
— Toute cette neige, de Olivier Mouginot (2 hommes) ;
— Les blés, de Sabine Tamisier (1 homme, 3 femmes).

Toute cette neige de Olivier Mouginot est sélectionnée dans le Carnet de lecture d’Aneth, n°14, septembre 2008.
« La pièce joue sur les monologues intérieurs ou à voix haute, les dialogues qui n’en sont pas, les moments de dialogues vrais, fulgurants. Une douce ironie émaille ce texte. Il y a des moments oniriques comme le piano au
milieu de la route enneigée. »
[Aneth, juillet 2008]

Extraits de presse

« (...) Une proposition passionnante, permettant la confrontation entre l’intime
et le monde.

Le cheminement des six auteurs avec cette phrase donne des résultats radicalement différents. Certains, comme Olivier Mouginot, semblent un peu oublier le monde, en imaginant une fantaisie dialoguée entre le pianiste Glenn Gould, les cendres de son père et un auto-stoppeur.

D’autres, comme Cédric Bonfils ou Sabine Tamisier, plongent dans l’intime, un intime meurtrier, condition de survie. Deux écritures fortes, tendues, où le réel bascule dans l’insaisissable des méandres humains.

Thibault Fayner imagine pour sa part une dictature où les cravates, symboles d’un ancien pouvoir, sont interdites et donc vectrices de tous les fantasmes.

Et puis, il y a ceux qui essaient de se frotter au monde dans ce qu’il a de plus rude. Ainsi, Marie Dillaser qui écrit, " depuis un fauteuil en Bretagne " une farce grave sur la guerre en Tchétchénie. De façon très surprenante, ses personnages, comme le chat de Shrödinger, (une expérience de physique quantique) sont tout autant morts que vivants.

Et Samuel Gallet qui imagine une fausse-vraie prise d’otage mettant en jeu quatre jeunes...

Enfin, outre l’intérêt de la proposition, ce recueil offre le grand plaisir de découvrir six nouvelles écritures, très prometteuses. »

[Laurence Cazaux, Le Matricule des Anges, n° 85, juillet-août 2007]


« (...) ces jeunes dramaturges sont appelés à un bel avenir. Tous, au-delà de leur singularité propre, font preuve d’un talent incontestable pour sonder les points névralgiques d’un monde contemporain marqué par la violence et l’injustice. Et avec un humour grinçant que vient renforcer l’un ou l’autre des deux metteurs en scène. Les influences se situent entre Beckett (Thibault, Fayner) et Edward Bond (Samuel Gallet) en passant par Ionesco (Olivier Mouginot). A chaque fois les dialogues sont justes, très enlevés, l’atmosphère bien dessinée. Au point que ces six nouvelles théâtrales forment une sorte de’recueil’ passsionant de bout en bout. »

[Le Progrès, 23.06.07]


« Six objets distincts qui nous parlent du monde à l’aune des préoccupations de leurs auteurs. Du mécanisme de la guerre en Tchétchénie (points de vue antagonistes, décryptage de la spirale guerrière où éclôt la folie des hommes) de Marie Dilasser, Le chat de Schrodinger en Tchétchénie depuis un fauteuil en Bretagne, à une tentative - intéressante - de huis clos sur une société cadenassée qui interdit le port de la cravate sous peine de sanctions que l’on suppose lourdes, les Cravates, de Thibault Fayner : syntaxe déstructurée, codes lexicaux à l’emporte pièce construisent ici un univers des plus inquiétants.

Toute cette neige d’Olivier Mouginot a aussi retenu notre attention. La pièce dégage un parfum de folie entêtante où Glenn Gould parcourt les grandes étendues canadiennes au volant de sa Continentale noire flanqué d’un jeune paysan quelque peu demeuré, mais son lourd passé familial y est pour pas mal.

Les Blés, de Sabine Tamisier, Autopsie du gibier de Samuel Gallet et Trop compliqué pour toi de Cédric Bonfils ont en commun une noirceur extrêmement appliquée de notre monde contemporain inscrivant la dramaturgie dans une écriture assez proche de l’autofiction pour évoquer les sempiternels petits bobos de jeunes gens éternels-adolescents-qui-ne-veulent-pas-grandir. Ces trois pièces sont intéressantes de ce point de vue, sociologique dirons-nous, qui en dit long sur le désarroi et la confusion des sens, des sentiments et des genres. La question n’étant pas de déplacer géographiquement l’action du drame pour être sûr de son coup mais de saisir la complexité du monde avec cette distanciation nécessaire qui implique, dès lors que l’on se préoccupe du monde non pour ce qu’il paraît mais pour ce qu’il est. Pour que ce jeu de miroir nous renvoie à des questionnements politiques, philosophiques et non plus que sociétaux. Des questionnements qui rejoignent dès lors ceux de Pasolini, dont la liberté de pensée relevait bien plus de la pensée politique que de la simple posture nombriliste, extrêmement tendance ces derniers temps. »

[Marie-José Sirach L’Humanité, 26.06.07]


« Farcesque, minimaliste ou encore cinématographique, le spectacle est un canevas original tissé de l’univers littéraire de chacun des auteurs (...) »

[Lyon Capitale, 19.06.07]


Lire aussi l’article de Anne Carron sur Rue du Théâtre.


On retiendra plus particulièrement le texte de Cédric Bonfils, Trop compliqué pour toi, qui sait en quelques scènes ménager une vraie progression dramatique en évitant l’écueil d’une écriture minimaliste en vogue chez d’autres jeunes amateurs. Élise héberge Jeanne, une ancienne camarade de collège en difficulté. Quand Jeanne se donne la mort, une policière interroge son amie pour les besoins de l’enquête.

Peu à peu, grâce à des flash-backs, une autre vérité semble surgir qui met en doute la thèse du suicide. Les relations entre les deux jeunes femmes apparaissent troubles et conflictuelles, Jeanne, la paumée sans boulot et sans logis prenant au fil du temps un ascendant sur celle qui l’héberge, jusqu’à la mort.

Un texte pour trois comédiennes, concis et riche, qu’on aimerait voir sur scène.

[Sophie Balazard, Atelier Théâtre, n° 33 hiver 2009]


« (…) Cédric Bonfils ne croit pas à la possibilité de faire toute la lumière sur la mort de la jeune femme qui d’ailleurs, dans l’entrelacement régulier des dialogues interrogatoire (Elise-la flic) et les dialogues de l’intimité (Elise-Jeanne), marque une brisure dans la continuité du récit dramatique et de la parole : C. Bonfils adopte une ponctuation spécifique qui visuellement sur la page coupe la linéarité par des barres entre les blocs du texte. La didascalie « un temps » à 29 reprises, elle aussi instaure cette impossibilité de la ligne droite du sens. Le texte ne fait jamais la lumière sur.

Cédric Bonfils n’écrit-il pas dans cette première pièce un combat entre la lumière et le noir. (…) »

[Marie du Crest, La Cause littéraire, 19 mai 2016]

Vie du texte

Les six pièces sont mises en scène à l’Ensatt à Lyon par Guillaume Delaveau et Simon Delétang du 18 au 29 juin 2007.

Lecture-musicale de Toute cette neige d’Olivier Mouginot, dans une mise en espace de Michael Maino, à l’Espace Fraternité, Aubervilliers, le 31 mai 2012.

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