ISBN : 978-2-84705-148-3EAN : 9782847051483 13x21cm, 56 p., 13 € dramaturgie chorale, 6 personnages, choeur Publié avec le soutien du Centre national du livre

Neverland

Personnages

— Jimmy, de couleur noire
— Mikaël, indistinctement enfant et adulte, indistinctement de couleur noire ou blanche
— Joshua, le père de Mikaël, de couleur noire
— Sosies, enfants et adultes
— La Psychosociologue


Début

L’amour est plus fort que la mort je veux vaincre la mort avec toi vaincre la création c’est toi que j’ai choisi viens me chercher je ne veux pas te partager je veux juste être à ton image me dédoubler en hologrammes dans les brisées de tes écrans je veux t’aimer en vrai et t’admirer et te toucher viens me chercher ne me lâche pas mets ta main là et prends moi par le bras je veux que tu sois mon père mon Dieu je veux juste être à toi que tu m’adoptes je crois en toi je veux chanter comme toi danser comme toi je veux me décupler être comme ton jumeau je veux juste être toi mets ta main là ne me lâche pas et prends moi par le bras viens me chercher mon Mikaël. Sosie a dit.


Divers extraits

Les vagues s’effondrent dans mon esprit 22 millions de dollars ils m’ont appelé ’Bambi’ je ne peux plus chanter ni même danser je pose mes doigts du bout de mes doigts sur les agrafes je palpe mes mains du plat de mes mains sur les sutures et sur les gazes le sang est noir sous les pansements et le savon me lave mes plaies mes plaies cousues et recousues la bétadine et le mercurochrome dans la civière je passe mes bras le long de ma taille "Mettez vos mains sur mes épaules" a dit le chirurgien "Bientôt vous marcherez" je ne vois rien il y a si peu de lumière Jimmy je veux sauver le monde soigner le monde et les enfants il y a eu tellement d’amour tant de tueries et de massacres le bal des lamantins ensanglantés les tigres du Bengale et les toucans les raies Manta océaniques qui meurent en moi comme mes enfants Jimmy je rends la gratitude cette lumière en soi que je chéris je remercie et puis j’honore notre univers ses particules se meuvent en moi comme mes enfants mon Dieu leur cœur fut tellement sombre c’est un complot comme des couteaux des poings américains au fond de mon âme et puis ton père s’est suicidé Jimmy dans son appartement il est maintenant trop tard ma bouche est sèche est tellement sèche de cortisone et j’ai si froid Jimmy je veux rejoindre la scène ses projecteurs braqués sur moi mais je ne peux plus maintenant j’ai tellement peur je veux soigner le monde sauver le monde et les enfants et le guérir prenez mes larmes comme dans un suaire enroulez-les tel un chapelet dans un ossuaire les vagues se brisent dans ma mémoire c’est un chantage ils t’ont drogué mon beau Jimmy une forte drogue c’est un barbiturique très très puissant ton père l’a fait mon beau Jimmy et tu as dit d’énormes mensonges moi je voulais sauver le monde guérir le monde et le soigner comme mes enfants il y a eu tellement d’amour et tant d’accusations je tombe dans l’amnésie mon beau Jimmy mon bel enfant les vagues s’écroulent au fond de mon cœur un monde sans lois des chasses à la baleine des baleines franches australes ou boréales le saut des orques et des rorquals pour leur spectacle un monde s’éteint et nos étoiles extraordinaires et nos oiseaux de paradis il y a eu tellement d’amour mon beau Jimmy. Mikaël a dit.

Los Angeles Californie Monsieur Mikaël est sur le lit « Il faut le mettre sur le sol pour le massage cardiaque » Mais il est sur le lit Monsieur je n’en ai pas la force et je ne peux plus toucher Mikaël Monsieur je n’en ai plus le droit « Je vous aiderai pour le massage cardiaque écoutez-moi Jimmy » Mais il ne répond pas Monsieur Mikaël ne répond pas à mes massages cardiaques Mikaël est inconscient Monsieur Mikaël ne respire pas « Il faut le mettre au sol Jimmy ! » Mais j’ai besoin d’une ambulance Monsieur et au plus vite Monsieur ? Cela me fait peur Monsieur Mikaël parait beaucoup plus jeune comme si son corps et sa figure avaient 12 ans Monsieur. Jimmy a dit.

Mais vous l’avez ’sélectionnée’ ?

Cela n’avait nulle importance pour moi. Du moment qu’elle était saine, la mère. Je voulais juste être sûre qu’elle soit intelligente.

Mais vous aviez besoin d’être Père plus qu’elle n’avait besoin d’être Mère ? C’est bien cela ? Elle vous l’aurait donné cet enfant-là, comme un présent, dîtes-vous ?

Rien que mon sperme dans une seringue. Cela se fait tous les jours de part le monde et pas seulement maintenant. Elle ne me connaissait pas. Moi-même je ne la connaissais pas. Et l’enfant il est venu comme cela, par les pipettes. C’est un très grand présent, absolument.

Mais auriez-vous pu le concevoir avec une Noire ?

Of course, évidemment.

Mais votre épouse parait si blanche Mikaël.

Vous vous trompez sur la couleur. Sur le sang noir vous vous trompez.

Jimmy tombe amoureux de Mikaël.
Jimmy s’habille comme Mikaël.
Des pantalons moulants, d’un stretch noir ou bariolé.
Des mains gantées de strass pailletés.
Des doigts de fée.
Ils dorment ensemble dans le même lit, collés l’un l’autre.
Leurs peaux de lait, chocolatées.
Comme une femme avec son homme.
Comme père et fils.
Comme frères de sang.

Mikaël vient s’installer dans la maison et dans la chambre de Jimmy.
Jimmy va à l’école.
Jimmy n’a que 12 ans.
Jimmy est amoureux de Mikaël.
Mikaël s’occupe de la maison. Fait la lessive.

‘Il plie mon linge. Il m’aide pour mes devoirs et il cuisine pour moi.
_ C’est une Lune de miel. A honeymoon. Mikaël m’a dit.’

Ils baptisent ça une Lune de miel.
A honeymoon. Jimmy et Mikaël.

Ils restent ensemble dans la même chambre.
Ils dorment ensemble dans le même lit, satin nuptial.
Mikaël est seul avec Jimmy.
Comme une épouse et son époux.

C’est un sang noir.
Coule dans les veines.
Coule sur les draps.
Les draps de Jimmy.

‘Un sang maudit. Mikaël m’a dit.

Mikaël m’a dit que Christ lui-même disait d’aimer et d’être comme les enfants.

Soyez joyeux et innocents et soyez purs. A dit le Christ.’

On présenta à Christ les enfants, pour les lui faire toucher. Mais les disciples les écartèrent vivement.
Voyant cela, Christ se fâcha.

Et Christ dit :

Mais laissez-les venir à moi. Ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à tous ceux qui leur ressemblent.

Et Christ dit :

Celui qui n’accueillera dans ma maison, à la manière de mes enfants, n’y entrera.

Et Christ les bénissait, en imposant ses mains.
Et Christ les embrassait.

Tout comme Mikaël embrasse Jimmy.

C’est là un mécanisme très archaïque l’enfant est pris dans la sidération pris dans la scène il y a là les sensations du corps extrêmes une incapacité à résister et en même temps une attirance une attraction une fascination terrible ce silence froid glacial très mortifère qui prend la place de toute parole on voit très bien comment Mikaël joua avec ça le déclina sur toutes ses scènes dans tous ses clips l’enfant qui agressé et prisonnier dans la stupeur va reproduire le mécanisme le rechercher si vous voulez et s’appuyer sur le levier de l’agression pour la revivre comme dans un jeu oui il y a du jeu là-dedans il y a là à l’origine et à la source une effraction c’est une porte ouverte très tôt et comme forcée l’enfant qui agressé frappé à coups de lanières de ceinturons qui ne peut pas quitter la scène la repousser c’est très puissant Mikaël a eu très tôt affaire à ça pour ce qui touche à Mikaël cela prend bien évidemment des dimensions géniales rocambolesques et dans un tel imbroglio l’angoisse et la sidération sont absolues on voit la scène il faut la voir il est dedans il est hanté ce Mikaël voire envoûté ensorcelé littéralement marabouté ce gamin-là on le voit bien sur les images très tôt comme il se touche le sexe cet entrejambe étincelant un enfant sur dix en est victime en est la proie le harcèlement la maltraitance ses coups de lanières que j’évoquais c’est très jouissif un aimant noir très attractif et qui morcelle absolument

Distinctions

Pièce lauréate de l’aide à la création du Centre National du Théâtre


Sélectionné par Entr’Actes, octobre 2016.

Extraits de presse

« Le personnage de la psychosociologue dans la dernière pièce de David Léon, Neverland, dit de Mikaël (avatar de Michael Jackson) qu’il est une « figure mythique absolument ». Celui qui fut appelé « The king of the pop » est sans conteste une figure de légende, une star de Walk Fame, un incroyable artiste interplanétaire, un homme-enfant, un fils maltraité, un noir devenu blanc, un homme mis en accusation pour pédophilie, un défunt par overdose médicamenteuse. Le maître du ranch de Neverland, royaume de l’éternelle enfance, celle des zoos et des parcs d’attraction, pays de Peter Pan. (…)

David Léon lui, l’écrit, le fragmente, dans le souffle d’une langue presque continue, à travers les voix de ceux qui l’approchent mais ne parviennent jamais à le saisir tout entier : le père noir, Joshua ; ses divers sosies enfants et adultes ; Jimmy, ami ou amant, et celle qui prétend expliquer scientifiquement qui il est. Mikaël quant à lui prend la parole mais dans la douleur, sa douleur.

Le texte est semblable à un tissu patchwork où sont cousus ensemble Faulkner, Cornac McCarthy et la Bible et l’auteur. Le texte est une suite de petits morceaux de paroles séparés par trois points ou une barre (celle qui encadre le discours psychiatrique). Il y a quelque chose de l’ordre du baroque foisonnant dans l’écriture de David Léon, de l’impossible lecture rectiligne de la trajectoire du héros. (…)

Ce qui irrigue la pièce de David Léon, c’est le lien du père au fils et du fils au père, selon les lois du sang et celles de l’imaginaire fantasmé. Deux pères naturels manipulateurs et intéressés par l’argent : Joshua et le père de Jimmy qui empoche des millions de dollars en échange de la fin de ses poursuites judiciaires contre Mikaël. (…)

Toute la pièce se tisse entre ce que nous savons de la vie du chanteur et de ce qu’en dit le poème dramatique, ses étoiles fulgurantes. Et la mort enfin de Mikaël malgré les massages cardiaques et Jimmy abandonné. Mais Mikaël/Michael ne saurait être anéanti, figure christique de l’Amour, dieu égyptien embaumé et gospel réitéré : Let my people go. »

[Marie Du Crest, La Cause littéraire, mai 2017]


« Neverland échancre une histoire, au fil d’une narration rhapsodique, qui n’a de cesse de coudre et de découdre le temps et de tisser une sorte de bio-fiction légendaire autour de Mickaël Jackson. (…)

La force de l’écriture de David Léon, c’est que la violence, quelle qu’elle soit, est toujours évoquée avec douceur, et l’on sent toujours de la fureur, s’écouler paisiblement dans les veines des paroles.

L’autre force de cette œuvre, comme dans ses autres livres, c’est que l’auteur utilise un dispositif de voix parfois monologiques et quelquefois même une voix monodique, comme dans Un jour, nous serons humains, grand poème dramatique à la torpeur infinie.

Neverland est une œuvre qui disparaît quand on la lit tant l’écriture nous propose davantage une introspection individuelle que la traversée d’un simple récit.

Le lyrisme démesuré et expirant de l’œuvre nous offre un regard, qui sous des atours compatissants dans la relation d’amour entre Jimmy, personnage de jeune adolescent et Mickaël, évoque en réalité avec cruauté ces abus criminels. C’est par une obédience poétique que David Léon questionne la pédophilie en montrant sans équivoque les mécanismes de manipulations psychologiques qu’elle induit entre la victime et son agresseur. (…)

[Raphaël Baptiste, La gazette des festivals, 5 juillet 2017]


« une errance, étrange et embrumée, un voyage fantasmagorique aux confins de la violence, avec en point d’orgue la figure mythique de Michael Jackson et tout ce qu’elle comporte de mystère.

Un récit exigeant à la dramaturgie éclatée, un texte lourd d’horreurs cachées oscillant entre rêve et réalité comme pour mieux aborder des thématiques insupportables. (…)

Il y a toujours chez David Leon un travail soigné autour du langage, « Neverland » ne déroge pas à cette règle opposant dans la construction du récit plusieurs formes d’oralité. « 

[Audrey Jean, Théâtres.com, 23 août 2017]


« Sous forme de rêves épars, David Léon parle de la figure mythique de Michael Jackson et traite la question de l’abus sexuel durant l’enfance. Il aborde le thème du corps qui souffre, du corps qui se donne et qui subit.

L’image paternelle est présente tout au long de la pièce, comme une ombre qu’on aime, qu’on idolâtre et qu’on craint.

L’auteur remonte de la mort à l’enfance. Entre réel et imaginaire, les personnages de Jimmy et de Mikaël, avatar du célèbre chanteur, révèlent toute la psychologie du fantasmé, de l’adoration et de l’identification. »

[L’Avant-scène Théâtre, n°1458, 15 février 2019]


« Dans un autre registre, on note la présence de David Léon, qui suit un beau chemin : il vit dans l’Hérault, travaille comme éducateur pour malades psychotiques et écrit des textes fins, sur des gens à la lisière.

Dans Neverland, il parle d’enfants fascinés par Michael Jackson et, plus généralement, d’enfants abusés.

Neverland fait partie de ’Warm up’, un pan du programme du Printemps des Comédiens »

[Le Monde, 22 mars 2019]


« La pièce fait entendre, en plusieurs voix, la relation qu’entretint Michaël Jackson avec son enfance et avec les enfants. Une relation déficiente et abîmée, marquée par l’abus.

Neverland, de David Léon, publié en 2017 par les éditions Espaces 34, est une représentation de l’idolâtrie et du magnétisme que suscita Michaël Jackson, notamment auprès de certains enfants et de leurs parents. (…)

La pièce se caractérise heureusement par une plurivocité – l’auteur multipliant les regards et les discours sur les causes et les manifestations de l’horreur –, une profondeur anthropologique et psychologique (et même politique par le biais d’une réflexion sur la condition des Noirs aux États-Unis), qui en font un véritable objet dramatique. D’autant que l’auteur, donnant à sa pièce une dimension également religieuse, figure également l’orgueil babélien et le caractère quasi-messianique de l’idole. (…)

De façon originale et convaincante, Neverland, qui est aussi une pièce consacrée à la musique et à la danse de Michaël Jackson, décèle dans certains des gestes chorégraphiques de la star la trace de cette obsédante sexualisation (…)

Avançant dans l’âge, Michaël Jackson refusa de plus en plus énergiquement, de plus en plus follement, l’âge et le temps, leur finitude. Sa grande entreprise fut d’échapper à toute identité reçue, à toute condition : en cessant d’être noir, en devenant un être androgyne et finalement une créature de la science et de la médecine dans leurs délires déjà transhumanistes. Au fond, son entreprise prométhéenne visait à le faire naître de nouveau, autrement, sans les conditionnements dont il avait hérité, sans les atteintes et les outrages du temps.

Si Neverland est le pays imaginaire de Peter Pan, le Neverland de Michaël Jakson est en réalité un non-lieu, un pays impossible. »

[Frédéric Dieu, Profession spectacle, 13 mai 2019]


« Une mise en voix sobre suffit à porter le texte dont la force réside dans les effets de réminiscences et d’affliction. Et par l’ajout d’un subtil jeu de rôles, hésitant entre les faces enfantines et adultes d’un même personnage, la présence au plateau offre une partition prometteuses aux acteurs de ce Neverland mystérieux ; »

[G.P., La Gazette de Montpellier, 31 mai 2019]

Vie du texte

Mise en voix à Théâtre Ouvert, par Blandine Savetier, avec les comédiens de Ier Acte, en mai 2016.


Lecture de l’auteur à l’Espace analytique, Paris 7e, le 18 mars 2017.


Lecture par les élèves du lycée Rodilhan au Théâtre du Périscope, Nîmes, le 26 avril 2017.


Lecture par les élèves du Conservatoire à rayonnement régional de Tours, avril 2017.


Lecture par l’auteur, Comédie du Livre, Montpellier, le 20 mai 2017.


Lecture par l’auteur lors du Festival d’Avignon, Théâtre Artéphile, le 19 juillet 2017.


Lecture performance lors du Festival Bruits Blancs à Anis Gras (Arcueil) où sont proposées des rencontres/performances entre compositeurs / musiciens et auteurs, le 25 novembre 2017.


Lecture performance lors du Festival FIMM[+] Urgences organisé par le Théâtre le Vent des signes (Toulouse), avec David Léon et Emile Sacré, le 3 décembre 2017.


Mise en voix, dirigée par l’auteur, avec Guillaume Costanza, Eric Colonge, Ferdinand Fortes, Stéphanie Marc, Aurélien Miclot, Frédéric Munoz, Olga Mouak, Léopold Pélagie et une création musicale de Patrice Soletti, Théâtre Jacques Cœur, Lattes, le 3 février 2018


Lecture-performance par David Léon avec la musicienne Nadia Ratsimandresy, lors du Festival Mixité à Carcassonne, le 8 septembre 2018.


Dans le cadre du Festival Alerte Rouge Jeunesse Théâtrale à Montpellier, mise en voix orchestrée par David Léon, compostion musicale Patrice Soletti, avec Éric Colonge, Tanguy Lemaitre, Aurélien Miclot, Harrison Mpaya, Léopold Pélagie, le 24 février 2019.


Création dans le cadre du Printemps des comédiens 2019 par David Léon, avec Éric Colonge, Tanguy Lemaitre, Aurélien Miclot, Harrison Mpaya, Léopold Pélagie, et création musicale de Patrice Soletti, les 28 et 29 juin 2019.

Radio Clapas - Emission PVC sur 93.5 Montpellier

1 heure d’émission à écouter en podcast dont le principe est :

« Autour des auteurs publiés par les éditions Espaces 34, les étudiants de l’ENSAD de Montpellier travaillent leur voix, leur diction, le sens des textes. Une fabrique de l’art du comédien à entendre, entrecoupée par la parole des auteurs, de leur éditrice Sabine Chevallier, et de la dramaturge Marie Reverdy. Le texte se déploie également le temps d’une lecture faite par l’auteur, par les étudiants de l’ENSAD, ou par Béla Czuppon, comédien et metteur en scène, La Baignoire-Montpellier. »

http://www.radioclapas.fr/portfolio/plateau-virtuel-club/

1re diffusion vendredi 3 novembre 2017, émission 1
https://www.youtube.com/watch?v=0ArLb-HgJTo

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